La vie religieuse – Petite lumière dans la vie de l’Eglise

D. Rapion 19 février 2018 0

Que devient la vie religieuse se demandent peut-être certains, qu’ils soient proches ou à distance de l’Eglise ? Il est vrai que sa présence se fait plutôt discrète dans le paysage ecclésial. Elle ne se manifeste plus comme autrefois par de nombreuses œuvres éducatives ou liées au domaine de la santé qui quadrillaient naguère une bonne partie du territoire…

AG de la CORREF à NantesSa présence reste pourtant vivante mais se manifeste autrement, petite lumière dans la vie de l’Eglise, lieu de prière et de louange, d’accueil, de disponibilité, de gratuité, dans la proximité avec des hommes et des femmes de notre temps, en milieu rural ou en quartiers populaires, dans des services caritatifs… Elle reste prophétique par essence, même si elle n’offre rien de spectaculaire. Elle manifeste simplement qu’il est possible de donner sa vie à la suite du Christ, de vivre  la fraternité et d’être heureux. Elle propose une expérience spirituelle essentielle à la vie de l’Eglise.

Dans le diocèse, 38 congrégations sont présentes. Elles regroupent des religieuses, des religieux-prêtres, des religieux-frères et des moniales. Une centaine de petites communautés sont implantées localement dans de multiples points du diocèse. Elles cheminent avec les personnes avec qui elles sont en contact.

Sur le plan institutionnel, la vie religieuse s’est donné une structure nationale dénommée CORREF (conférence des religieux et religieuses de France). Des CORREF diocésaines peuvent également se constituer. C’est le cas pour le diocèse de Nantes. Une assemblée générale vient de se tenir le 8 février 2018. Le thème choisi pour cette assemblée : « Dans notre vieillissement, qu’est-ce qui va dans le sens de la vie pour que la mission continue. »

Le vieillissement ! Voilà une réalité à laquelle sont confrontées la plupart des congrégations religieuses de tradition ancienne. Ici ou là des communautés doivent fermer et se retirer de lieux où elles étaient implantées depuis de très nombreuses années.  Ces décisions sont toujours vécues douloureusement. Les congrégations expérimentent ainsi la pauvreté et la fragilité des moyens humains et matériels. Sur ce chemin elles deviennent porteuses du visage pauvre de l’Église. Leur propre fragilité peut les rendre plus attentives aux fragilités humaines, plus aptes à écouter humblement  les pauvretés de leurs frères et à cultiver la miséricorde.

Partout où elle est implantée, la vie religieuse, par sa présence discrète et fraternelle, reste  porteuse de fécondité et de vie. Les échanges au cours de l’assemblée générale en ont apporté de nombreux témoignages… Cette fécondité se manifeste de différentes manières, dans des lieux très divers.  Par exemple dans des maisons de retraite et des EHPAD où les communautés religieuses sont largement présentes et impliquées. Des laïcs y sont accueillis la plupart du temps. Dans cette période de la vie, souvent accompagnée de grande fragilité, de maladie ou de souffrance, il est urgent de manifester concrètement l’amour et la tendresse de Dieu pour les hommes.

Beaucoup de communautés restent encore présentes localement.  Autour d’elles s’organisent souvent des rencontres de prière, d’échanges, de service, d’amitié. Elles se tournent de préférence  vers des personnes fragilisées par la vie, que ce soit près des gens de la rue par le biais d’associations, auprès de jeunes en rupture sociale, des migrants ou de personnes en situation de handicap… La vie religieuse prend sa place, avec de nombreux autres chrétiens, dans le service du frère. Tous les appels auxquels elle s’efforce de se rendre présente s’entrecroisent et se tissent pour constituer la trame d’une vie donnée et nourrie par une foi simple et profonde. C’est une fécondité silencieuse ; c’est la fécondité même du Christ à laquelle tout chrétien est appelé à participer par son baptême.

Aujourd’hui de nombreux laïcs ont pris le relais  des missions portées autrefois par les congrégations religieuses. Les traditions éducatives ou caritatives se poursuivent à travers des réseaux, des fraternités dans lesquels le souffle évangélique des fondateurs des congrégations se transmet en s’adaptant à des besoins nouveaux.

Alors pourquoi être inquiet ? Les congrégations peuvent être en difficulté, mais la vie religieuse ne peut pas être dans une impasse puisqu’elle « a été voulue par Jésus lui-même comme une partie inamovible de l’Eglise »  (Benoît XVI).  Nous voulons demeurer des femmes et des hommes d’espérance ; une espérance fondée sur Celui en qui nous avons placé notre confiance. Le Christ n’appartient pas au passé. Il est notre contemporain. Il continue d’œuvrer avec fécondité. Il nous adresse, aujourd’hui, un appel à partager sa passion pour les faibles, les meurtris de la vie,  y compris dans notre entourage le plus proche. La vie religieuse n’est pas du passé. Elle est de notre temps. Espérer c’est être prêt à accueillir la vie qui jaillit de l’Esprit-Saint et à se mettre en mouvement.

F. Gérard Egron
Frère de Saint-Gabriel
Secrétaire de la CORREF

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