Journées « Reprendre souffle »

D. Rapion 16 mars 2018 0

Quatre journées « Reprendre souffle » ont été offertes, durant le temps du carême, aux chrétiens engagés dans la vie et la mission de leur paroisse ou d’un service diocésain. Près de deux cents personnes en ont profité pour méditer sur ce thème.

Père François RenaudLe printemps est une bonne saison pour évoquer la « priorité jeunesse » que nous indique notre évêque. Après les ardeurs de l’été, l’essoufflement de l’automne, l’endormissement de l’hiver, un avenir nouveau est possible, un monde nouveau est donné. À l’unisson du temps liturgique, la nature nous dit qu’au-delà de la mort, une vie nouvelle est offerte.

La jeunesse est un avenir que chacun est invité à accueillir pour lui-même, que l’Église peut espérer pour elle-même, afin que notre monde reste ouvert à un avenir de vie. Tandis que le Seigneur nous invite à « naître d’en-haut pour voir le Royaume de Dieu » (Jn 3,4), la tentation est grande parfois de penser que le temps de la fécondité est passé et qu’il ne reviendra plus, que le seul avenir envisageable est celui des soins palliatifs. « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? » (Jn 3,3). Le vent, pourtant, continue de souffler où il veut (cf. Jn 3,8). « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21,5).

Une assemblée à l'écouteLa jeunesse est aussi une mémoire à entretenir, la mémoire des engagements vrais et sincères, du regard d’espérance et de joie porté sur l’avenir, d’une promesse reçue et donnée. « Je me souviens de la tendresse de tes jeunes années », dit Dieu à son peuple (Jr 2,2). Mais l’enthousiasme des débuts laisse parfois place à la lassitude. Le temps nous dure, les fruits promis tardent à venir. Allons-nous désespérer de la fidélité du Seigneur ? Mais peut-être est-ce notre propre fidélité qu’il faut réveiller… « Ils m’ont abandonné, moi la source d’eau vive » se lamente Dieu par son prophète Jérémie (Jr 2,13). Revenir à la source : seule perspective pour ne pas se dessécher. Entre l’avenir à accueillir et la mémoire à entretenir, le temps présent est celui où Dieu nous donne rendez-vous pour vivre cette « mémoire d’avenir ». Il n’y a pas d’autre temps à vivre, sans nous réfugier dans la nostalgie du passé, sans trop nous projeter dans des rêves utopiques. À tous, que nous soyons jeunes ou vieux, Dieu nous fait présent du présent et nous invite à y être fidèles. C’est là que le passé prend sens et que l’avenir s’ouvre. Christ est ressuscité : le tombeau n’est pas resté fermé sur lui, il ne restera pas fermé sur nous. Alléluia !

Père François Renaud,
vicaire épiscopal
ELA n°81 – avril  2018

 

 

 

 

 

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