Qu’en est-il des « Migrants d’Europe de l’Est » (roms), en ce début d’année 2019 ?

D. Rapion 6 février 2019 0

Dans les médias, on ne parle plus d’eux. Pourtant ils sont bien là : l’agglomération nantaise détient le triste record du plus grand nombre de bidonvilles en France, (une quarantaine de sites).

campement roms

En mars 2018, dans le but de résorber peu à peu ces bidonvilles, les 24 communes de Nantes Métropole se sont accordées pour lancer une « Maitrise d’Œuvre Urbaine et Sociale » (M.O.U.S.) sur 3 ans. La mise en œuvre est plus lente qu’on ne l’imaginait ! De l’avis d’un maire d’une des communes de NM, on peut espérer que, d’ici 2021, 10% (peut-être 15%) des situations de familles en bidonvilles seront résolues.

Pendant ce même temps, installées sur des terrains illicites, les familles continuent de subir des pressions policières fortes pour quitter leurs lieux de vie. Ainsi en décembre, en plein cœur de l’hiver, 200 personnes ont dû sortir des terrains occupés et se sont retrouvées en errance, rejetées de lieux en lieux ! Quand elles trouvent de nouveau des terrains (devenus peu nombreux d’accès), elles s’y implantent avec le risque de devoir les quitter encore !

Tous ces mouvements et déplacements les précarisent davantage. Ils mettent à mal tous les efforts entrepris pour scolariser les enfants et les jeunes. Les associations bénévoles qui les soutiennent en savent quelque chose. Le changement de lieux, souvent de villes, entraine une nouvelle domiciliation, une réinscription dans une autre école, une réorganisation de son trajet. Pour certaines familles en grande précarité, le suivi sanitaire est rompu !

Or, plusieurs de ces familles, subissant l’errance, ont trouvé du travail chez des maraichers, quelques-uns sont en contrats CDI. Nous nous réjouissons de ces situations ! Imaginons seulement leur interrogation permanente sur les conditions qu’ils subissent quand ils doivent quitter les lieux, chercher un autre endroit, chercher encore ! On peut parler de force et de ténacité !

Leur souhait est simple : pouvoir accéder à un logement. Ils sont nombreux à en avoir fait la demande. En attendant, ils aimeraient simplement pouvoir se poser de façon plus pérenne sur un terrain aménagé avec l’accès à l’eau et à l’électricité : ils sont prêts à payer leurs redevances. La menace d’expulsion permanente serait alors levée et l’accès à une « école pour tous » facilité.

Quand on croise des familles entrées dans le droit commun, occupant un logement comme chacun d’entre nous, avec des enfants qui s’épanouissent à l’école et dans leur quartier, quelle joie ! C’est le cas d’une centaine d’entre elles.

N’oublions pas cependant qu’il reste beaucoup à faire pour la grande majorité de ces personnes vivant parfois dans des conditions insoupçonnées et scandaleuses. Elles sont là, dans nos communes, elles ont besoin de nos contacts, de notre soutien.

Nathalie Arnold & Yannick Voisin
Membres d’associations locales de soutien et
d’aide aux migrants de l’est, très en lien avec Romeurope.

 

 

 

 

Partager Email Share

Laissez votre commentaire »