19 septembre 2017 : 500 ans de relations entre Catholiques et Protestants – Du conflit à la communion

D. Rapion 20 septembre 2017 0

Deux femmes ! L’une, protestante et pasteur. L’autre, catholique et historienne. Dans un exposé à deux voix, elles ont captivé un public de 150 personnes invitées par le Mouvement Chrétien des Retraités de Loire-Atlantique le 19 septembre dernier.

Les orateurs

De gauche à droite : Caroline Schtrumpf Maryannick Philippot, P. Jean-François Bourreau

Découvrir deux confessions qui depuis 500 ans sont passées du conflit à la communion. Tel était l’objectif de la rencontre organisée par le Mouvement Chrétien des Retraités (MCR 44) le 19 septembre 2017 à la Maison diocésaine Saint-Clair à Nantes. Caroline Schrumpf, pasteur de L’Eglise Protestante Unie de Nantes et Maryannick Philippot du Service Diocésain pour l’Unité des Chrétiens ont répondu aux très nombreuses questions des participants.
Martin Luther« Pour saisir l’enjeu de la Réforme, il faut d’abord se pencher sur ce qui bouge en Occident au XVI° siècle. Le XVI°, c’est cette période absolument charnière, qui arrache l’Occident chrétien à la féodalité et le plonge tout entier dans une ère nouvelle », dans un résumé brillant, Maryannick Philippot, en historienne, met en évidence les facteurs qui ont permis son développement : « Ceux-ci sont à la fois religieux, culturels, politiques et socio-économiques. A la fin du Moyen-Age, un monde nouveau émerge et présente un nouveau visage ».
L’Eglise traverse alors une longue crise. Certains clercs s’étaient installés dans une vie dissolue. Les fidèles cherchaient une théologie plus vivante. La Renaissance culturelle découvre l’humanisme et propose une réflexion personnelle et critique de la Bible. L’invention de l’imprimerie la rend largement accessible.

Le salut par la Foi

un public nombreux et captivé

Un public nombreux et captivé pour connaitre la Réforme et l’avancée de l’œcuménisme

C’est à cette période que va apparaitre Luther. Caroline Schrumpf en fait le portrait : « C’est un homme tourmenté par la mort et par la question de son salut personnel. Il a souvent décrit ce que l’on peut appeler son combat spirituel, contre l’image déformée de Dieu qu’il avait reçue depuis son enfance. » Cette crainte devant Dieu était un sentiment répandu à la fin du Moyen Age. « Ce qui est intéressant chez Luther, c’est qu’il a tenté d’affronter cette crainte et de la dépasser, notamment par l’étude de la Bible et la réflexion théologique », souligne Caroline Schrumpf qui poursuit : « Luther aura un jour la révélation : la découverte de la justification du salut par la Foi ».
Les fondements de la théologie que propose Luther s’expriment par les « Soli » : l’Ecriture seule ; la Foi seule ; la Grâce seule ; la place de la Croix, indicateur de la Révélation de Dieu. En 1517 Luther affiche 95 thèses destinées à ouvrir un débat théologique autour des indulgences. C’est un tournant.
Après cet évènement, la polémique va enfler, les débats et les controverses vont s’intensifier entre Luther et les autorités de l’Eglise. Luther est accusé d’hérésie en 1518, puis excommunié en 1520. Il refusera de se rétracter « au nom de sa liberté de conscience ». S’en suivront des luttes qui plongeront l’Europe dans un bain de sang. La France est particulièrement touchée par les guerres de religion qui font alors plus de 10000 morts.
C’est seulement au XIXe et XXe siècles que les chrétiens vont cesser de se déchirer. Et il faudra Vatican II en 1961 pour que l’œcuménisme soit vraiment reconnu. Depuis lors, les échanges se multiplient dans une diversité réconciliée tout en reconnaissant les différences et les clivages.
La conclusion de la journée s’exprimera dans une lecture de la Bible commentée par le Pasteur Caroline Schrumpf et un mot d’envoi de Jean-François Bourreau prêtre accompagnateur de notre mouvement à partir d’un texte de Paul aux Ephésiens (4,1-6) : « Nous avons un Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême, un seul Dieu et Père pour tous ». Façon de nous redire que « Celui qui nous rassemble, Jésus-Christ, est plus fort que tout ce qui nous sépare ».

René Robert,
Responsable diocésain du MCR

 

 

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