24 avril 2017 : Ciné-débat « La mécanique des flux » au Cinéma Concorde avec Le Cercle de silence de Nantes

D. Rapion 14 avril 2017 0

La mécanique des fluxLe lundi 24 avril 2017 à 20h45 au Cinéma Concorde à Nantes, ne manquez pas le ciné-débat « La mécanique des flux », documentaire de Nathalie Loubeyre avec Le Cercle de silence de Nantes.

Aux frontières de l’Europe, des hommes et des femmes, se battent pour surmonter les barrières que l’UE leur oppose. Avec pour seules armes la force de leurs rêves et leur vitalité.

Le cri d’indignation des cercles de silence

Depuis le printemps 2008, chaque mois dans le centre-ville de Nantes se forme un cercle de silence pour le respect de la dignité des personnes migrantes placées en centre de rétention administrative. Chrétiens et non chrétiens s’y retrouvent.

Il est possible de les voir et de se joindre à eux chaque dernier mardi du mois, de 18h30 à 19h30, place Graslin à Nantes. Ils sont 25 en moyenne, réunis autour d’une lampe tempête telle une vigile et une lumière qui interpelle les consciences, et avec quelques tracts et pancartes qui en disent un peu plus sur leur raison d’être là.

Le Cercle de Silence à Nantes (© B. Noblet)Marie-Ange Monsellier, de la fraternité franciscaine, et Anne Gruand, du CCFD Terre solidaire, sont des fidèles de ce cercle ouvert. Elles font remarquer que dans le groupe d’organisations qui initie ces rassemblements, la moitié est confessionnelle (réseau franciscain et CCFD donc, plus la CIMADE d’obédience protestante) et l’autre moitié non confessionnelle (Ligue des droits de l’Homme, Mouvement pour une Alternative Non-violente, La Vie nouvelle issue du scoutisme). Leur action veut interroger : « Est-il acceptable que des migrants, pour le seul fait d’être entrés en France en fuyant la violence, la misère ou les catastrophes environnementales, soient enfermés dans des centres de rétention administrative – condamnés par la Cour européenne des Droits de l’Homme – qui ont tout de véritables prisons, alors qu’ils n’ont commis aucun délit ? Est-il acceptable aussi que la multiplication d’obstacles rendent si difficile l’obtention d’un titre de séjour et ‘illégalisent’ des vies ? » Leur appel : trouver des alternatives à l’enfermement, que subissent particulièrement les enfants avec leurs parents. En attendant avec ténacité une issue politique, le cercle de silence renvoie les passants à rejoindre les associations qui accompagnent quotidiennement les personnes migrantes, notamment la Pastorale des migrants, le Secours catholique, le réseau Welcome.

Réfléchir, méditer, prier

Lanterne du Cercle de Silence (© B. Noblet)Malgré tout, ne peut-on pas s’interroger sur l’efficacité de ce mode d’action ? Marie-Ange et Anne y répondent : « C’est une voie de non-violence. Nous sommes au contact de tous les publics. Nos tracts et nos panneaux éclairent beaucoup les gens sur ce que sont ces centres de rétention où les incidents, les violences, les automutilations, les grèves de la faim sont fréquents, ce dont les médias ne parlent pas ». La Loire-Atlantique dépend du centre de rétention de Rennes. Pour les militantes, pas question de vouloir donner une leçon, il s’agit surtout de manifester de manière visible leur solidarité avec les migrants sans-papiers, juste en informant et en donnant de leur temps.

Il y a aussi la vertu du silence, fortement symbolique au milieu du brouhaha de la ville : « Cette heure permet de penser à ceux pour qui nous agissons, de réfléchir à notre propre capacité à accueillir l’autre, l’étranger, de méditer, de prier ; c’est bon pour l’esprit. Nous invitons de nouvelles personnes, spécialement des chrétiens, à faire cette expérience avec nous, même pour cinq minutes. Dans la foi, on peut dire que le Salut vient de l’humanité en nous ! »

Article de Benoît Noblet paru dans ELA n°70 – avril 2017

 

 

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