Pèlerinages

Faire un pèlerinage ?

Dans le silence…

Se poser la question de faire un pèlerinage, c’est déjà être pèlerin ! C’est déjà partir en pèlerinage. Faire un pèlerinage c’est oser s’impliquer personnellement au service de l’Eglise ! C’est prendre le départ ! La tradition spirituelle du pèlerinage existe dans presque toutes les grandes religions : Le voyage à la Mecque constitue l’un des cinq piliers de l’Islam, le “Lotus du monde” est le voyage sacré de la religion hindouiste. Et dans la tradition chrétienne, Jérusalem, Rome, St Jacques de Compostelle, ainsi que tous les lieux consacrés à Marie, au premier rang desquels, Lourdes, sont le point d’orgue d’une quête spirituelle et religieuse majeure.

La Foi, ça commence par les pieds !

« Si vous m’aviez demandé de parler des pèlerinages au début des années 70, je vous aurais dit que ceux-ci ne survivraient pas à la modernité. Mais aujourd’hui, je dois bien reconnaître qu’un bel avenir leur est promis… » a écrit Danièle Hervieu-Léger, auteur de plusieurs ouvrages.
Le premier mot de Dieu dans l’histoire du salut lance un homme, Abraham, sur les routes de l’aventure. « Va vers la terre que je te montrerai ». Et puis, il y a la suite… Moïse entraîne un peuple dans une longue Pâque de quarante années dans le désert. Elie refait le chemin de l’Exode pendant quarante jours. Jésus lui-même, nouveau Moïse, refait le chemin de l’Egypte… Avec ses apôtres, il marche sur les chemins de Palestine. Toutes les rencontres se font sur le chemin, au désert, au puits de Jacob… Tous, ils marchent, ils vont vers … un ailleurs. Et nous ?

Des pèlerinages qui désencombrent …

Un vieil ami montagnard, homme des cimes, murmurait parfois quand il garnissait son sac avant de partir : « l’ennemi de l’homme, c’est le poids ». Au temps de Jésus, des hommes prenaient la route sans rien, des messagers en sandales sur des « semelles de vent ». Plus on allège son sac, sa vie, pour ne garder que l’essentiel, mieux on avance. Il faut se dépouiller du superflu, pour retrouver son être intérieur et ses questions fondamentales. Quand on projette un pèlerinage, n’est-ce pas vivre l’expérience de cette Juive, Etty Hillesun, disparue dans un camp nazi : « Il y a en moi un puits très profond et dans ce puits, il y a Dieu. Parfois je parviens à l’atteindre. Mais plus souvent, des pierres et des gravats obstruent ce puits et Dieu est enseveli. Alors il faut le remettre à jour… »

Des pèlerinages lieux de liberté ouverts à tous.

Par million à Lourdes

Dans notre marche terrestre, nous ne sommes pas tous sur la même route mais le pèlerinage est proposé à tous, qu’ils soient ou non des « chercheurs de Dieu » et quelle que soit leur distance par rapport à l’Eglise. La richesse d’un pèlerinage que nous voulons école de tolérance et lieu où « l’homme » chemine dans la plus grande liberté, se situe dans la diversité des personnes, de leurs parcours, de leurs questionnements.
Les hommes et les femmes d’aujourd’hui se rattachent à l’Eglise de manière diverse. Beaucoup ne participent plus désormais qu’aux grandes fêtes liturgiques comme Noël et Pâques. Dans ce contexte, le pèlerinage, parce qu’il se déroule hors du cadre des paroisses ou institutions habituelles ne peut-il pas être un lieu de liberté où l’on tisse différemment un fil avec l’Eglise ? « Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père » et divers sont les chemins vers Dieu.

 source : Les Directeurs de Pèlerinages de la Province ecclésiastique de Besançon