Avec les autres religions

Le diocèse de Nantes comme beaucoup de diocèses en France a mis en place des instances de dialogues avec les autres religions. Dans la perspective de Vatican II, la réflexion,l’échange, la formation aident les diocésains à accueillir et comprendre l’autre en vérité, à croitre spirituellement chacun dans sa foi, à agir pour le bien commun et à bâtir la paix là où ils sont.

En dialogue avec le judaïsme

session "découvrir le Judaïsme" Abbaye de la Melleray_2010

Si vous allez sur le site du Vatican ou sur le site des évêques de France, et que vous cherchiez, à la rubrique « dialogue avec les religions non-chrétiennes », ce qui concerne le dialogue entre chrétiens et juifs, vous ne trouverez rien ! En fait, le dialogue avec le judaïsme est classé  sous la même rubrique que « l’Unité des chrétiens ». Etonnant ! Pas si étonnant que cela. Souvenez-vous ce texte de Vatican II : « Scrutant le mystère de l’Eglise, le saint Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée d’Abraham.» (Nostra Aetate 4).  C’est en scrutant son propre mystère que l’Eglise rencontre le judaïsme : ses racines sont juives.  Voilà ce qui rend très spécial le dialogue avec nos frères juifs, et qui le situe différemment du dialogue avec l’Islam ou les religions orientales. On pourrait dire qu’il est consubstantiel à notre foi. C’est pourquoi,  « Les juifs et le judaïsme ne devraient pas occuper une place occasionnelle et marginale dans la catéchèse et la prédication, mais leur présence indispensable doit y être intégrée de façon organique » (session Découvrir le judaïsme 2012 RennesIl faut aussi reconnaitre la vocation perma-nente du peuple juif à notre égard : aujourd’hui encore,  nous, chrétiens, nous avons à recevoir d’eux. « Tenir compte de la foi et de la vie religieuse du peuple juif, telles qu’elles sont professées et vécues encore maintenant, peut aider à mieux comprendre certains aspects de la vie de l’Église » (Jean-Paul II, 6 mars 1982).   Le dialogue avec les juifs est donc essentiel aux chrétiens pour mieux se comprendre eux-mêmes, mais cela n’est pas le but premier.

session découvrir le judaïsme 2012

Tout dialogue est gratuit. Si je cherche à utiliser l’autre pour mon épanouissement spirituel, le dialogue est faussé. Le but premier, c’est de recevoir nos frères juifs comme un don de Dieu fait à l’humanité.  Sans cesse, notre vision d’Israël comme peuple- don de Dieu est occultée par notre vision d’Israël comme État dirigé par un gouvernement dont on peut critiquer les choix (les Israéliens ne s’en privent pas eux-mêmes…). Le dialogue juifs-chrétiens permet de se recevoir les uns les autres, au-delà des peurs et des clichés, en vérité et en amitié. A Nantes, c’est à cela que s’attachent les groupes d’Amitié Judéo Chrétienne, et le Service diocésain pour les relations avec le Judaïsme.

Père Patrice Eon
Coordinateur du Service diocésain
des relations avec le judaïsme
 
 
 
 

 Relations avec l’Islam 

Quels sont les enjeux du dialogue entre chrétiens et musulmans ?

Saint François d'Assise et le sultan

La déclaration « Nostra Aetate » du Concile Vatican II,  et tous les textes des papes jusqu’à Benoît XVI vont dans le même sens :  « L’Eglise doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit… l’Eglise se fait conversation. » Pour cela, il lui faut vivre la rencontre « catholiques-musulmans » comme une spiritualité. Le dialogue ne se situe pas d’abord dans la confrontation des doctrines, pour savoir qui a raison ou qui a tort, ni dans l’abolition des différences, mais plutôt dans une émulation spirituelle. Il y a des conditions pour un véritable dialogue. « Nostra Aetate » disait : « L’Eglise regarde avec estime les musulmans », car elle est au service de la vocation de tout homme. Dans le climat actuel français, on parle souvent d’un Islam irréel. Parlons des musulmans dans la multiplicité de leurs courants. Construire un monde fraternel, c’est une demande des chrétiens et des musulmans. Un défi pour nous : Comment passer d’une situation de chrétienté à un univers pluriel ? Je fais un vœu : Que le dialogue interreligieux soit au service de la paix. Le chemin sera sans doute long, encore faut-il s’y engager résolument, avec la grâce de Dieu !

Père  Gérard Epiard,
responsable du service diocésain des relations avec l’Islam