Familles

La famille est la pierre angulaire de la société, et le premier environnement où nous sommes appelés à connaître Jésus Christ et à grandir dans la foi. Aujourd’hui, les familles ont pris des visages multiples. Famille classique, famille recomposée, famille monoparentale, etc. : les adjectifs, devenus inévitables, montrent que le mot « famille » recouvre désormais des réalités très différentes.  Les enfants apparaissent comme le principal ciment des familles. Le couple, au statut juridique variable, est devenu une réalité plus aléatoire. Les liens de famille sont fragilisés par tous ces changements. Et pourtant ! La famille caracole en haut de tous les sondages en France et en Europe. Pour ce qui est du bonheur, du bien-être et de l’épanouissement. La famille reste une valeur très importante, y compris pour les jeunes. Cette contradiction apparente entre la famille « clé de bonheur » et la famille « carrefour de toutes les fragilités » a motivé l’initiative « Familles 2011 » lancé par la Conférence des Évêques de France.  En quoi les familles sont-elles des « clés de bonheur » ? Pourquoi semble-t-il difficile aujourd’hui de construire sa vie de famille ? Comment la société peut-elle soutenir les familles ? Comment l’Évangile peut-il éclairer les personnes qui cherchent à inscrire leurs liens de famille dans le temps ? Telle sont des questions que vous pouvez vous poser vous aussi ! En 1981, Jean-Paul II rédige Familiaris Consortio, une exhortation sur la famille. Il lance cette phrase : Famille, deviens ce que tu es ! (F.C. 17), puis la précise. Il décrit la famille comme une communauté de personnes, un service de la vie, une participante au développement de la société et une participante à la vie et à la mission de l’Église. 

                                            

 La famille, cellule de base de la communauté humaine

La famille est la cellule de base de la communauté humaine. Elle peut changer de taille, de visage, elle n’en demeure pas moins essentielle. L’homme et la femme ont besoin d’aimer, d’être reconnus et aimés tels qu’ils sont. La famille est le premier lieu où les hommes et les femmes apprennent la confiance en eux-mêmes et la confiance dans les autres. La famille permet, en effet, de découvrir que chacun a sa place dans une histoire, dans un réseau, sans avoir à le mériter, dans le respect des différences particulières : âge, sexe, qualités ou faiblesses. La plupart des Français plébiscitent la famille et ont un projet familial ; ils pensent que dans une société, souvent dure et concurrentielle, ils peuvent y trouver estime et confiance. Comment ne pas s’en réjouir ? La crise de confiance que traverse la société a souvent pour origine une carence familiale.

Les fragilités de la vie familiale

Nous sommes conscients, comme chacun, des fragilités de la vie familiale dans un monde épris d’épanouissement individuel et soumis à de nombreuses sollicitations. Ces fragilités renforcent la nécessité de promouvoir l’institution familiale. Nous aussi, nous sommes pour l’épanouissement de la personne, mais un épanouissement qui soit pleinement responsable, qui respecte la dignité humaine, la défense des faibles et permette l’instauration d’une société de confiance.

Soutenir la famille

Il est normal que l’État se préoccupe des situations difficiles. L’Église est prête, à leur propos, à prendre part à un débat loyal où son avis ne serait pas disqualifié au départ ou marginalisé. Le message de l’Église veut s’adresser à la conscience de chacun : il appelle à bâtir des familles stables, fondées sur des couples, unissant un homme et une femme, qui prennent le temps de se préparer à leurs responsabilités d’époux et de parents.

 

Soutenir la famille, c’est d’abord garder au mariage son caractère unique d’union acceptée librement, ouverte à la procréation et institutionnellement reconnue. Parmi les difficultés que rencontrent les familles, le logement est sûrement un problème majeur. Notre pays connaît aujourd’hui une crise profonde du logement. Son coût conduit trop de familles à un éloignement de leurs lieux de travail, source d’épuisement et de déstructuration. L’accès à la propriété reste souvent un rêve inaccessible.
Les logements sociaux sont trop peu nombreux, pas toujours habités par ceux qui y auraient droit ou alors isolés dans des quartiers sans mixité sociale. La séparation des couples et la recomposition des familles augmentent les besoins. Au-delà des difficultés techniques considérables pour résoudre cette question, le logement doit être, pour l’État, une priorité politique essentielle.

Source : “Qu’as-tu fait de ton frère?”, message du Conseil permanent de la Conférence des Evêques de France, à l’occasion des élections (Novembre 2006)

A découvrir le sondage Ipsos réalisé en 2011 sur la famille et les Français  : lire le sondage