8 mai 2017 : Inauguration d’une plaque à la mémoire du père Keruel

D. Rapion 9 mai 2017 0

La plaqueLe 8 mai 2017, l’Association des Amis de l’Aumônerie Catholique de l’Armée Française pour la Loire Atlantique, ainsi que le Souvenir Français et les représentants des associations de la Gendarmerie  se sont réunis à Nantes à la Maison diocésaine Saint-Clair en présence de notre Evêque Mgr Jean Paul James, d’autorités religieuses  et militaires et des membres de la famille du père Keruel, afin d’inaugurer une plaque à la mémoire de cet aumônier militaire placée, devant le calvaire qu’il a lui-même sculpté en 1960.

Le président de l’AACAF 44 donne la signification de cette cérémonie :

Les présents autour de Mgr James« Nous avons ici, porté par un jeune garçon, le drapeau du « Souvenir Français ». Or il s’agit bien de cela : se souvenir, porter dans sa mémoire les actions et les vies offertes au service du pays, gratuitement comme un don, dans l’honneur et la fidélité. Le père Keruel a été l’un de ces humbles serviteurs de la France et de l’Eglise, il n’a rien revendiqué, il a servi, et il a créé, notamment ce calvaire. Nos associations ont décidé qu’il ne resterait pas dans l’anonymat et que l’on attacherait au calvaire de granit de la maison diocésaine Saint Clair le nom de Charles Keruel, aumônier de la garnison de Nantes pendant 31 ans

Sur cette plaque, nous avons voulu faire apparaître trois aspects de la vie de cet aumônier.

♦ Le premier concerne le lien qui existe entre le diocèse de Nantes et l’Armée française. Lien très ancien car c’est à l’initiative de l’évêché de Nantes qu’est créé en 1867 le comité des « Œuvres Militaires » qui sera chargé par Monseigneur Jaquenet, évêque de Nantes, d’instruire les jeunes militaires de la garnison, « Les collèges religieux de Nantes procurèrent des professeurs d’élite qui se dévouèrent à cet enseignement spécial comprenant des cours du degré élémentaire jusqu’à la préparation au grade d’officier d’artillerie. » et d’assurer  la transmission de la morale chrétienne, enfin, d’élever les esprits de la troupe notamment en éditant le manuel complet du soldat français..

♦ Pour signifier la force de ce lien nous avons placé en tête de la plaque l’insigne du diocèse de Nantes et celui du diocèse aux Armées.

La Vierge du maquis de SaffréLe second aspect, est bien évidemment un bref exposé de la vie du père Keruel, né en 1916 à Saint Nazaire dans une famille de cinq enfants, il a trois sœurs et un frère. Il fait des études au collège Saint Louis et entre au séminaire de Nantes.  En 1939, à la veille de son ordination se déclenche la  guerre. Il part pour le front comme brigadier-chef puis est fait prisonnier, libéré, il est ordonné prêtre en 1942. Il ne tarde pas à prendre contact avec la résistance. En 1944 Monseigneur Villepelet lui demande de prendre la charge de l’aumônerie auprès des Forces françaises engagées dans la poche de Saint Nazaire. A partir de la fin des combats le 11 mai, la reddition de la poche de Saint Nazaire intervenant trois jours après la capitulation allemande, il devient aumônier militaire pour la garnison de Nantes, la Gendarmerie et l’hôpital Militaire Broussais.  Il le restera jusqu’à sa mort le 5 août 1975.

Dans la continuité des « Œuvres Militaires », il assurera une pastorale active auprès des soldats de la garnison et animera des activités culturelles, allant du théâtre au chant choral. De plus il participera à l’évolution du comité des « Œuvres Militaires » qui sous l’impulsion de monsieur Pierre Laffiché deviendra l’Association des Amis de l’Aumônerie Militaire en 1950.

♦ Le troisième aspect développé sur cette plaque est celui du prêtre sculpteur à qui nous devons ce calvaire.

Saint Marc et le lionArtiste né, il aime la poésie, la peinture, la sculpture. Il participe activement à la décoration de la chapelle Saint Marc en finançant sur ses propres deniers la mise en place de vitraux, il réorganise le chœur, fait réaliser par divers artisans : des bancs, un autel et un baptistère.
Il sculptera des œuvres religieuses jusqu’à l’accident qui lui vaudra d’être hospitalisé et de décéder si jeune, il avait 59 ans.
Dans ses œuvres nous retiendrons, la vierge au sourire placée au mémorial du maquis de Saffré, la statue de Saint Marc qui figure sur le pignon de la chapelle Saint Marc rue Gaston Turpin, et enfin le calvaire devant lequel nous sommes.
Il est nommé membre de la commission d’art sacré du Vicariat aux Armées puis quelque temps plus tard à la commission diocésaine d’art sacré de Nantes.
En tant que président de l’Association des « Amis de l’Aumônerie Catholique de l’Armée Française en Loire Atlantique » et en liaison avec le « Souvenir Français » et les « Associations de la gendarmerie » nous espérons que la mémoire du père Keruel, serviteur de Dieu et de la Nation pourra servir d’exemple aux générations futures. Nous remercions le Diocèse d’avoir pris en charge le déplacement de ce monument de la rue Gaston Turpin à son emplacement actuel, assurant ainsi sa sauvegarde.

Après la sonnerie aux morts exécutée à la Bombarde par Henri Xavier de Saint Maurice, l’assemblée respecte une minute de silence. Monseigneur Jean Paul James prends la parole et souligne combien les missions de l’Armée peuvent se rapprocher de celles de l’Eglise s’agissant du Service, de la Fidélité et du souci d’assurer la Paix, et combien l’Eglise de Nantes a toujours été très proche du monde militaire. Il citera Monseigneur Jacques Fihey, ordonné prêtre à Nantes, décédé le 13 mars 2017 et premier Evêque aux Armées Françaises. Enfin il lit un texte de  bénédiction et  l’assemblée récite le  Notre Père et chante le Salve Regina.

Panorama

La cérémonie terminée, les participants se retrouvent dans cette nouvelle maison, pour un moment de convivialité autour de notre évêque et de la famille du père Kéruel.

Jacques CHAMBRIS,
Président de l’Association des Amis de l’Aumônerie Catholique
des Armées Françaises en Loire-Atlantique

 

 

 

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