La sobriété dans l’enseignement social de l’Eglise : une thèse soutenue par Loïc Laîné

D. Rapion 27 juin 2018 0

Ce 27 juin, Loïc Laîné, diacre permanent du diocèse, soutien sa thèse à la faculté de théologie de l’Université Catholique de l’Ouest, à Angers. La thèse, fruit de six années de recherche, porte sur un sujet d’éthique sociale : « La sobriété dans l’enseignement social de l’Eglise catholique. Une lecture de l’encyclique Laudato si’ en dialogue avec les éthiques environnementales ».

Loïc Laîné propose une relecture de l’encyclique Laudato si’, avec une insistance sur l’exhortation à la sobriété contenue dans l’appel à la conversion à l’écologie intégrale lancé par François. La thèse démontre comment la sobriété, qui se situe au cœur des éthiques environnementales contemporaines (la « sobriété heureuse » de Pierre Rabhi), s’enracine dans la tradition chrétienne. On peut fonder une éthique chrétienne de la sobriété sur l’Ancien Testament, qui porte une théologie originale, avec le visage d’un Dieu sobre, et une éthique de la fraternité associant toujours sobriété et justice. Jésus, maître de sagesse et prophète du royaume, proclame une Loi nouvelle qui contient une exigence radicale de renonciation aux biens matériels et d’effacement de soi, jusqu’au don de sa vie par amour du prochain. A la suite du Christ, les premières communautés chrétiennes prennent modèle sur sa manière sobre d’être au monde, qui devient un marqueur distinctif de leur éthique, et une condition de leur témoignage. Les Pères de l’Église comme le christianisme médiéval s’inscrivent dans la continuité de ces premiers témoins. L’humilité, la simplicité et la sobriété restent aujourd’hui encore des éléments moteurs du discours moral et de la spiritualité chrétiens.

Dans le contexte actuel, la sobriété constitue une réponse chrétienne au défi écologique, avec un appel à changer radicalement nos styles de vie et à remettre en cause nos modèles d’organisation économique et sociale. Pour devenir intégrale, la conversion écologique suppose à la fois la conversion personnelle, par la pratique d’une éthique personnelle de la sobriété, et la conversion collective, par la pratique d’une éthique communautaire de la sobriété.

Loïc Laîné explique que la sobriété dans le discours actuel de l’Eglise catholique est devenue à la fois une vertu sociale et un principe permanent. Il propose en conséquence la formulation du principe sobriété, associant autolimitation volontaire et convivialité, parmi le corpus des principes permanents de la doctrine sociale. La thèse se prolonge avec l’analyse de quelques exemples concrets de mise en pratique de la sobriété dans la vie économique et sociale, pour démontrer le réalisme et la pertinence de la proposition.

Source : ELA n°84 – Juillet-aout 2018

 

 

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