73 adultes appelés au baptême le 5 mars 2017 à St-Philbert-de-Grand-Lieu pour l’Appel Décisif

D. Rapion 6 mars 2017 0

Appel décisif 2017Ils s’appellent Jean-Marie, Claudia, Pao, Aurélie, Mario, Irène, Léo, Maël, Benoît, Julio, Orlane…

Dimanche 5 mars 2017, Mgr Jean-Paul James les accueillait en l’église de Saint-Philibert-de-Grand-Lieu pour l’Appel décisif. Ils sont 73 adultes qui, au terme d’un cheminement de 18 mois à 2 ans, recevront le baptême à Pâques et entreront ainsi dans la communauté chrétienne. Nous pouvons nous unir à eux par la prière, les soutenir dans leur démarche et partager déjà leur joie de devenir chrétien.

Homélie de Mgr Jean Paul James

Un jour, un jeune voit son copain lire sur une cour de récréation: qu’est-ce que tu lis ? La Bible. Veux-tu la lire ? Ce jeune se met à lire l’Evangile de Jean et tombe sur une phrase de Jésus : « Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la Lumière de la vie ». Alors ce jeune se dit : je veux suivre cet homme ; qu’il m’apporte la lumière. Il est un des catéchumènes. Ce frère catéchumène me redonne le sens du carême : un temps ennuyeux, triste ? Faut-il prendre notre mine de carême ? Non, nous marchons vers le Christ ressuscité, la lumière de Pâques, vers votre baptême. Chaque année, les lettres des catéchumènes sont source d’émerveillement. Pas seulement les leurs, mais celles aussi de leurs accompagnateurs qui me parlent de leurs parcours. Merci à vous tous ! Pour parler de ce que nous vivons, je propose trois mots lumineux : appel, liberté, amour.

Cette célébration s’appelle « appel décisif ». Je reste sur le premier mot : Appel. Mais qui les a appelés ? Cela nous intéresse, nous les plus anciens cathos, qui parfois ont l’impression d’être les derniers des mohicans. Qu’est-ce qui les conduit à demander le baptême ? Leur lettre en fait le récit. Un peu comme dans la première lecture, ils remontent à Adam et Eve,c’est à dire aux commencements. Leurs lettres sont des relectures de vies. Plusieurs parents évoquent leurs enfants. Je cite cette maman catéchumène : « Notre premier enfant a été ma première lumière. Est venue la question du baptême. Je n’avais pas d’Eglise où j’étais chez moi. Je voulais offrir à ma fille cette « maison », celle de son père. La rencontre avec le prêtre qui a baptisé notre enfant a été pour moi une vraie révélation.. ». Des enfants qui parfois vivent la catéchèse ; et voilà que ces parents attentifs et pleins d’amour, s’intéressent à leur parcours catéchétique. Les enfants sont les premiers évangélisateurs de leurs parents ou de leurs copains ! Je pense à l’une d’entre nous qui a pris du temps pour demander le baptême, mais peu importe, le Seigneur est patient : « « Au plus loin que je me souvienne, je me rappelle de l’admiration et du questionnement que j’éprouvais vis à vis de mes camarades d’écoles qui étaient baptisés et suivaient leur catéchisme » Et puis d’autres évoquent la rencontre avec leur futur conjoint et leur future belle-famille : contrairement aux clichés habituels, quel beau témoignage sur les beaux-parents chrétiens. Je cite : « Très respectueux de mes choix personnels, ils m’ont accueillie » Ou encore : « J’ai découvert des gens généreux, tournés vers les autres et leur tendant la main ». Parfois, c’est le témoignage d’une personne chrétienne engagée ; par exemple, une dame aumônier d’hôpital: « elle donne à des personnes qu’elle ne connaît pas, l’amour et le soutien. J’ai trouvé cela magnifique : elle a un grand coeur ». Par qui Jésus appelle ? Par des témoins. La plupart du temps, ils ne savent pas qu’ils le sont. Mais l’essentiel est qu’ils vivent leur foi.

Cet appel à être baptisés est souvent une très longue histoire faite de joies et d’épreuves. Un peu comme l’histoire d’Adam et d’Eve. On relate leur refus. Ils se laissent gagner par le soupçon sur Dieu. En déformant ce qu’est Dieu, en déformant Sa Parole, l’Esprit du mal les entraîne sur des fausses pistes, dans des impasse, le désespoir parfois. Certains parmi vous sont passés par là. Mais que fait Dieu après la faute d’Adam et Eve ? Il les abandonne ? Non, c’est la suite, pleine de poésie ; comme un jardinier, à la fin du jour, Dieu marche dans le jardin et il appelle : Adam, où es-tu ? Homme où es-tu ? Je n’oublie pas le très beau récit d’une des personnes catéchumènes à ce sujet. Je cite : « Un soir où je me trouvais dans ma chambre rongé par l’angoisse .. Je me suis mis à genoux pour la première fois.. J’ai alors imploré de l’aide sans savoir trop à qui.. J’ai déroulé ma complainte.. Et plus les pensées sortaient de ma bouche, plus je me sentais investi d’une sorte de chaleur.. J’ai dû fondre en larmes ce soir-là» Une expérience spirituelle qui me faisait penser au psaume 50 qu’on vient de chanter : « crée en moi un cœur pur ; tu ne repousses pas un cœur brisé et broyé.. ».

Appel décisif 2017Appelés par le Seigneur chers catéchumènes, vous avez à dire oui ou non, car Dieu ne s’impose pas, l’amour ne s’impose pas. Le récit d’Adam et d’Eve le rappelle. Ce récit n’est pas d’abord une sorte de malédiction qui pèserait sur nous. Mais un signe de la grandeur de l’être humain qui est capable par son choix de faire le bien ou le mal, de choisir la vie ou la mort. C’est aussi le récit des tentations de Jésus : veux-tu ou pas de ce lien à Dieu, au Père des cieux ? Et le tentateur propose d’autres chemins. Il est doué pour cela. Deux jeunes revenues de la drogue avaient écrit un livre intitulé : « satan qui vous aime beaucoup ». Oui, il s’intéresse à nous. Il pervertit tout ce qu’il touche ; c’est le signe de son passage : il aime beaucoup déformer les paroles. Il est aux anges lorsqu’il voit des paroissiens au visage sévère comme si Jésus avait dit : « c’est à votre air coincé que l’on reconnaitra que vous êtes mes disciples ». Ce récit des tentations vient après le baptême de Jésus. Oui, il y a des combats après le baptême. Qu’est-ce qui aide Jésus ?
Jésus s’appuie sur la Parole de Dieu reçue le jour de son baptême : « Tu es mon enfant bien aimé ». Jésus est libre ; il est libre pour aimer, tout autant Dieu que ses frères. Cette liberté pour aimer, chers amis catéchumènes, vous l’éprouvez déjà. Votre marche vers le baptême vous transforme déjà. Les accompagnateurs en témoignent : « nous pouvons dire qu’elle s’est transformée. Elle était un peu timide et renfermée ; elle entre en relation avec les autres davantage. Elle a même commencé une démarche de pardon avec des proches ».

Je cite pour conclure un catéchumène : « le fait d’être avec le Christ me tire vers le haut . Je pense désormais plus au bien commun qu’à ma propre personne. Dieu m’a apporté la meilleure réponse face au néant et c’est bien : l’amour ». Rendons grâce !

Mgr Jean-Paul James
Évêque de Nantes

Photos (© S. Delaunay et J. Vauloup)

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