Homélie de Mgr James pour le Mercredi des Cendres

D. Rapion 2 mars 2017 0

Mercredi des Cendres Ce 1er mars 2017, C’était l’entré en Carême avec la célébration des Cendres à la Cathédrale de Nantes. Dans son homélie, Mgr Jean-Paul James invitait les fidèles à un pèlerinage de quatre mois. Pâques étant la première étape, puis la Pentecôte et enfin le rendez-vous des 24 et 25 juin pour les Journées Eucharistiques Missionnaires. « Nous venons de recevoir des cendres sur nos fronts pour nous rappeller le goût de cendre de nos vies… Il suffit de bouger un peu, de s’exposer au vent pour les chasser de nos vies et marcher au souffle de l’Esprit ! ».
Le Mercredi des Cendres marque l’entrée officielle en Carême ; le temps de préparation à la fête de Pâques, cœur de la foi chrétienne, qui célèbre la Résurrection du Christ.


Homélie de Mgr Jean-Paul James

C’est le début du carême ; je vous invite au voyage, à vivre ce carême comme un voyage. Trois mois de voyage ! Première étape : Pâques. Puis de Pâques vers Pentecôte. Nous serons le 4 juin. Mais sachant la passion des nantais pour le voyage, une troisième étape est prévue : vers le rassemblement JEM 2017 prévu le 25 Juin. Quatre mois de voyage ! Mais quel voyage ? Un voyage qui commence aujourd’hui, un voyage actif et intérieur.

Le départ, c’est aujourd’hui. C’est aujourd’hui le moment favorable ! nous dit Paul. Au moment de partir comme dans tous nos pèlerinages en groupe, nous recevons une marque, laquelle ? le foulard du diocèse, un badge ? Non, des cendres sur le front. Pourquoi ? Les cendres dans une ville, parfois après des manifestations, ça nous rend tristes. Les cendres imposées sur notre front vont tomber sur notre vêtement, le col d’une chemise blanche, ou sur l’écharpe : les cendres, ça salit.. Alors pourquoi ces cendres ? Pour nous rappeler le goût de cendres de notre propre cœur. C’est à dire ? La violence en paroles ou en actes ; l’esprit de vengeance, de division ou de haine ; l’esprit de résignation : à quoi bon se battre ? A quoi bon s’engager ? A quoi bon voter ? Tout ce qui a goût de cendres conduit à la mort, par des chemins qui ne sont que des fausses pistes et des impasses. Mais les cendres, ça peut s’enlever, par exemple celles sur notre front : il suffit de bouger un peu, de s’exposer au vent, et ces poussières disparaissent. C’est ce que l’Eglise nous propose de vivre : marcher au vent de l’Esprit.

Mercredi des CendresAu moment de partir, regardons-nous avec nos marques de cendres sur le front ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Que nous sommes tous fragiles. Nous le savons et nous nous le disons en prenant la route ensemble : les malheurs d’une ville, ça atteint notre moral ; les malheurs de notre monde ça nous fait mal et ça nous fait désespérer parfois ; les malheurs dans nos familles, ça nous blesse. Ce soir, en partant avec nos marques sur nos fronts, nous nous regardons comme des êtres fragiles et pécheurs ; mais nous avons décidé de nous soutenir et de nous aimer ; en nous mettant en route ensemble, nous croyons que les cendres peu à peu peuvent disparaître. Dans le diocèse, nous proposons pour notre voyage de quatre mois, des équipes fraternelles, pour redécouvrir que l’autre est un don, pour reconnaître avec gratitude, la valeur de chacun dans la communauté chrétienne, comme l’écrit notre Pape François dans sa lettre de carême. Nous partons vers où ? Vers la Pâques de la résurrection. Nous marchons vers la vie. En nous débarrassant des cendres, nous allons redécouvrir la beauté du vêtement blanc de notre baptême. Nous partons vers Pentecôte et le vent de l’Esprit chasse ce qui a goût de division et de mort ; il va remplir nos poumons, du bon air tonique de la confiance, de la paix, de l’amour. Et qu’allons nous faire ou vivre pendant ce voyage ?

Dans ce voyage, il y a des activités ; on ne s’ennuie pas. Bien sûr, il faut prévoir la nourriture : la meilleure nourriture nous est proposée, la plus savoureuse, la plus raffinée : le pain de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie, dans des temps de prière renouvelés. Quelle grâce ! Prenons le temps de goûter davantage cette nourriture céleste, donnée par Dieu !
Comme dans tout voyage, certains peuvent découvrir une maladie ; les soins sont prévus. En fait nous tous les voyageurs, sommes plus ou moins malades. Le carême est un temps privilégié pour accueillir la grâce de la conversion. « Laissez-vous réconcilier ! », s’écrie Saint Paul. De quoi ai-je besoin d’être guéri, soigné ?
Comme pour tout voyage, il y a un programme. Lequel ? L’Evangile d’aujourd’hui. A cause de cet Evangile, à certains moments du voyage, le téléphone portable ne capte plus ; le branchement sur internet ne fonctionne pas bien ; la télé ne diffuse pas à toute heure. Dit autrement : jeûne d’usages inutiles, d’heures dépensées inutilement, pour une écoute renouvelée de mon voisin. En partageant la conversation avec celui qui voyage avec moi, en voyant défiler le monde, voilà un geste, une idée de solidarité qui me viennent à l’esprit, et que je mets en œuvre tout au long des étapes que nous allons parcourir pendant ces quatre mois ! Car les chrétiens ne vivent pas le carême en dehors du monde ; mais à chaque étape, ils apportent le ferment de l’Evangile, le bon pain de l’amour partagé. Oui, il y a un programme ; oui nous serons actifs.

Mais le voyage auquel l’Eglise nous invite est d’abord un voyage intérieur. Bien sûr les activités de partage, de prière, de jeûne vont être importantes. Mais peu à peu, c’est le cœur qui va changer. Les gestes que nous faisons sont visibles. Si nous prions cela se voit, si nous faisons l’aumône cela se voit, si nous jeûnons cela se voit. Mais ce qui compte, c’est ce qui ne se voit pas, la véritable conversion intérieure visible de Dieu seul.

Oui, frères et sœurs, avec joie, je vous invite à ce voyage, à ce grand pèlerinage qui pour le diocèse de Nantes va durer quatre mois : nous allons y redécouvrir la beauté de la foi chrétienne, la joie d’être chrétiens et ces grands trésors que sont le baptême, la confirmation et l’Eucharistie. Et de retour de voyage, nous regarderons autrement nos chantiers missionnaires, le quartier, la vie de famille ou professionnelle, la vie culturelle ou associative, pour y répandre la foi, l’espérance et l’amour. Nous avons été choisis pour cela.

Mgr James
Évêque de Nantes

 

 

 

 

 

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