14 février 2018 : Homélie de Mgr James pour le Mercredi des Cendres

D. Rapion 15 février 2018 0

Mercredi 14 février 2018, c’était l’entrée en Carême avec la célébration des Cendres à la Cathédrale de NantesLe but du Carême », comme le rappelle Mgr Jean-Paul James dans son homélie, « c’est la préparation à la Fête de Pâques ». « Le carême nous fait réentendre la parole du Christ »…


(Enregistrée par Radio-Fidélité)

Homélie de Mgr Jean-Paul James

Mercredi des CendresLe carême commence. Mais pourquoi existe-t-il ? Certains ne se posent même plus la question : « on a toujours fait comme ça ». D’autres le comparent à d’autres religions : « c’est le ramadan des chrétiens ». D’autres encore s’en servent pour solliciter la générosité des chrétiens. Mais quel est le sens du carême ? Il est unique : nous préparer à la grande fête de Pâques et pour cela demander au Seigneur, de nous redonner la jeunesse du cœur, c’est à dire un cœur brûlant d’amour.

Oui, nous nous préparons à la fête de Pâques. C’est le but du carême. Nous nous préparons par un temps de conversion et de pénitence. L’aumône, la prière et le jeûne rappelés dans l’Évangile, sont des œuvres du carême. Sur quel point allons-nous porter notre attention ? Restons modestes et simples. Certains voient grand et la mi-carême n’est pas passée que les résolutions du mercredi des cendres sont oubliées ! D’autres restent trop flous ! Or, si nous ne choisissons rien, si nous ne centrons pas notre attention sur un point plus précis, rien ne se passera ! N’hésitons pas à écrire un point précis d’effort.

Pour autant est-ce là l’essentiel ? Dans l’Évangile, Jésus semble nous mettre en garde à propos de l’aumône, de la prière et du jeûne ! Il y a un piège à éviter ! Jésus y revient, plus loin dans la parabole du pharisien et du publicain.  Le pharisien se glorifie de ses œuvres  : « je te rends grâce car je ne suis pas comme les autres hommes ». Et il cite les trois actes du carême : « je paie la dîme, je jeûne et je prie. Tout le monde le sait, tout le monde le voit ». Le pharisien en tire gloire. Dans l’Évangile,  Jésus nous met en garde : « que ta main gauche ignore ce que fait ta droite, prie dans le secret ; parfume-toi la tête si tu jeûnes  :  « Ton père qui voit dans le secret te le rendra ». « le secret des bonnes œuvres du disciple de Jésus, c’est de les cacher au regard des hommes, et de ne les exposer qu’au regard de Dieu » ( A Louf). Dit autrement : tout ce qui  est recherche d’une image idéalisée de soi-même, tout cela stérilise la grâce de Dieu. Alors, le Seigneur ne peut qu’attendre. Et attendre quoi ? Que nous changions de place. Que nous quittions la place du pharisien, pour prendre celle du publicain. C’est en publicain que nous entrons en carême. Non pas pour cultiver la fausse humilité, non pas pour nous complaire dans une sorte de mésestime de soi, mais pour accueillir l’œuvre de Dieu en nous. Le geste des cendres que nous allons vivre, c’est le geste du publicain. Au delà de toutes nos activités, de nos volontés de bien faire, nous désirons accueillir l’Amour de Dieu agissant en nous. Tant de fois, en effet, en familles ou en paroisses, nous nous dépensons et nous ne voyons pas le fruit de notre travail, de notre prière, de nos actions. Certains se découragent et désespèrent. »Le carême nous fait réentendre la parole du Christ : « Ton père qui voit dans le secret, te le rendra ». C’est la promesse de Dieu. Il agit et agira. C’est notre espérance : Il change nos cœurs et les rend brûlants d’amour. Renouvelons notre confiance et notre espérance en Dieu.

Nous vivons aujourd’hui l’entrée en carême mais les médias nous rappellent que c’est la Saint Valentin. Plutôt que de nous indigner des médias qui ont oublié le mercredi des cendres, saisissons-nous de cette coïncidence pour donner une orientation à notre carême.

Ce soir, les couples vont se réjouir de l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre et ils vont se rappeler la parole de St Augustin : « il n’aime déjà plus celui qui dit aimer assez ». Eh bien chrétiens, au début du carême, nous allons rendre grâce pour l’amour du Christ à notre égard, lui l’Époux de l’Église. Et, nous allons nous confier au grand spécialiste du cœur humain : Seigneur rends nos cœurs brûlants d’amour, redonne-nous la jeunesse de cœur. Quelle est, en effet, notre maladie cardiaque ? Le Pape François en parle dans sa lettre de carême. Dante, le poète, nous dit-il, dans sa vision de l’enfer, décrit le diable assis sur un trône de glace. Quelle est notre maladie ?  « le cœur froid ».

Froid dans les affaires : nous nous  laissons gagner par l’avidité de l’argent, la racine de tous les maux et nous sommes prêts à tout pour en accumuler davantage.

Froid dans la relation aux autres : les plus faibles n’ont pas leur place dans notre vie, dans notre agenda, nous les éliminons ou nous  les oublions.

Froid dans la communauté :  nous cultivons les discours désabusés, les propos pessimistes et critiques ou l’isolement.

Alors, comme le publicain de l’Évangile, avec confiance, nous demandons au Seigneur : Crée en moi un cœur pur. Redonne-moi la jeunesse de cœur. Lui seul peut le changer et le guérir. Pendant ce carême, nous suivrons l’ordonnance médicale du Seigneur, en écoutant sa Parole. Et pour le jour de Pâques, le Seigneur rendra nos cœurs « brûlants de foi, d’espérance et d’amour » ( Pape François ).
Amen.

Mgr James
Évêque de Nantes

 

 

 

 

 

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