14 février 2016 : Un appel décisif émouvant à Orvault

D Rapion 16 février 2016 0

C’est toujours une célébration empreinte d’émotion et de joie que celle de l’Appel décisif et si importante pour la communauté chrétienne – catholique ! Cette année, c’est la Paroisse Ste Bernadette et St Léger d’Orvault qui accueillait cet événement diocésain. Comme le dit notre évêque dans son homélie, ces catéchumènes sont “notre joie dans cette Année sainte de la Miséricorde”. Ces adultes qui demandent le baptême nous rappellent avec force l’importance de notre propre baptême et notre vie de chrétiens. N’oublions pas d’accompagner ces futurs baptisés dans notre prière. Les jeunes catéchumènes, eux, collégiens et lycéens, seront appelés par l’évêque de Nantes le dimanche 28 février en la Cathédrale de Nantes.

Retrouvez les photos de l’Appel décisif / photos ©Bruno Ulvoas et ©Gérard Martin 

Homélie de Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes

Chers amis catéchumènes, vous êtes notre joie dans cette année sainte de la miséricorde. Que se passe-t-il ce matin ? Deux mots résument la célébration : Appel et communion. Il y a d’abord une étape importante avant votre baptême. On la nomme « appel décisif et inscription du nom ». Après avoir lu vos lettres, entendu vos accompagnateurs que je remercie pour leur mission et pour leurs lettres, l’évêque reconnaît l’appel de Dieu dans votre vie. Et il le fait dans une célébration où sont réunis à la fois les catéchumènes et les baptisés d’il y a 20, 50 ans ou plus : une communion entre baptisés et catéchumènes.

C’est d’abord l’appel décisif. Vous les catéchumènes, vous venez des quatre coins de la Loire-Atlantique ; vous êtes si différents : certains sont étudiants, d’autres ouvriers, commercial, aide-soignante, enseignant, sportif de haut niveau ; certains sont « gaulois », d’autres d’origine africaine, arménienne, jordanienne, chinoise, chilienne ! La majorité a entre 25 et 40 ans, mais il y a des plus jeunes ( je n’oublie pas les 60 collégiens et lycéens que j’appellerai dans 15 jours ) et des plus âgés ! Qu’est-ce qui vous réunit ? L’appel de Dieu, pressenti parfois depuis longtemps, reconnu dans votre vie. Pour l’une d’entre vous, le point de départ, c’est sa présence à une sépulture. C’est là que « ne connaissant rien de la foi », elle l’a découverte. Une autre évoque une expérience spirituelle : élevée dans une famille non pratiquante, lorsqu’elle rencontrait des épreuves, elle entrait dans une église, allumais un cierge et priais Dieu de protéger sa famille. Et voilà qu’un jour, écrit-elle, alors qu’elle était chez elle, « Dieu est venu frapper à la porte de son cœur ». Une expérience spirituelle « mais à qui en parler sans passer pour une personne bizarre ? ». Elle fait la connaissance de son futur conjoint, éduqué chrétiennement. « Je lui en ai parlé ; il m’a tout de suite comprise ». Pour d’autres, en effet, une rencontre a été déterminante : le conjoint, des chrétiens, un prêtre, ou les grands-parents. L’une des catéchumènes, me parle de sa grand-mère qui l’entraînais à l’église ; et là, dit-elle, « j’écoutais les chants et la prière. Que de joie et d’amour partagé avec ma grand-mère ». Un autre évoque un cadeau reçu de ses grands-parents quand il avait 7 ans : un album sur la sainte famille. 30 ans après, il s’en souvient encore et il est là aujourd’hui.

Plusieurs des catéchumènes mentionnent de longs parcours, parfois cahotiques, comme pour Abraham. Avant son appel, « Mon père était un araméen nomade », dit la première lecture. Nomade, vagabond, errant. Vous êtes nombreux à parler de ces vies vagabondes, blessées, souffrantes : en partant dans toutes les directions, on se fait du mal, on se cogne, on se heurte parfois à des impasses.« Il a vu que nous étions dans la misère, la peine, l’oppression », dit la première lecture. C’est concret, cette parole pour certains d’entre vous. Et l’amour miséricordieux de Dieu nous rejoint et nous accompagne. C’est définitif ! Dans les combats que vous pourrez traverser après le baptême, vous vous appuierez, vous aussi, à la suite du Christ soumis aux tentations, sur la Parole de Dieu accueillie, méditée, une Parole pleine de miséricorde pour chacun.

Vous l’avez éprouvé déjà cette miséricorde du Seigneur à votre égard : le cœur de Dieu s’est approché de votre misère. Dans un instant, vous allez venir en procession : vous n’apporterez rien, vous allez venir les mains vides. Pourquoi ? Pour demander quelque chose au Seigneur ? Non ; mais d’abord pour lui dire : « Seigneur, si je suis là aujourd’hui, c’est grâce à toi. Ta tendresse, ton amour, ta bonté, m’ont préservé de la mort : je suis debout aujourd’hui. Ta tendresse, ton amour, ta bonté, m’ont relevé, m’ont remis debout ». Et nous les vieux cathos, qu’allons-nous faire pendant la procession des catéchumènes ? Nous aussi nous allons rendre grâce d’avoir été appelés, accompagnés, dans notre vie de baptisés. Faisons mémoire : comment le Seigneur s’est manifesté dans ma vie chrétienne ? Comment il m’a soutenu ? Une des maladies de notre monde actuel, c’est l’ingratitude. Ce matin, nous allons remercier le Seigneur, lui dire notre reconnaissance. Il accompagne aujourd’hui la vie de nos communautés, de l’Eglise : nous venons d’être témoins de quelque chose d’impensable, il y a 50 ans : la rencontre du Pape François avec le patriarche Cyrille de Russie. Je veux y voir l’action de Dieu qui nous aide à avancer sur le chemin de l’unité et de la réconciliation.

Entre chrétiens d’origine juive et d’origine païenne, dit Saint Paul dans la deuxième lecture, « il n’y a pas de différence : tous ont le même Seigneur ». On pourrait dire entre catholiques et orthodoxes, c’est le même Seigneur. Entre « vieux cathos » et jeunes catéchumènes, c’est le même Seigneur. Alors, réjouissons-nous, regardons ce qui nous unit. Oui, nous sommes différents, mais comment vivre ces différences ? En considérant ce qu’il y a de beau, de vrai, de grand, en l’autre différent de moi, et en moi aussi. C’est ainsi que grandit la communion entre nous, une communion qui est manifestée dans l’assemblée que nous formons ce matin à Saint Léger d’Orvault. Ensemble, catéchumènes et catholiques baptisés, nous allons mettre en commun nos capacités, notre désir d’aimer, quel que soit notre âge, quelle que soit notre histoire. Accompagnés par la miséricorde du Seigneur, nous serons heureux de dire notre joie d’être chrétiens. Amen.

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