Tout n’est pas possible, que privilégier ?

D. Rapion 29 août 2017 0

Comment organiser l’année ? Au retour des vacances, les parents discernent avec leurs enfants et bâtissent les emplois du temps. Tout n’est pas possible. Que retenir ? Les prêtres, les Equipes d’Animation Paroissiale, les services eux aussi, organisent l’année. Que privilégier ?

Nos communautés sont plus fragiles, tant familiales qu’ecclésiales. Notre monde aussi mesure davantage ses limites. Faut-il seulement s’en désoler ? Peut-on y voir une occasion de croissance humaine et chrétienne ? Au livre de la Genèse, Esaü propose à son frère de le suivre et Jacob décline l’invitation : « Si je fatigue mes troupeaux en les faisant trop marcher, ils périront tous en un jour » ( Gn 33, 13 ) Nos communautés ne sont pas réservées à une élite ; il nous faut être réaliste dans les projets et être attentif aux fragilités des uns et des autres. Cette fragilité assumée peut être l’occasion d’une conversion écologique, nous dit le Pape François. « L’accumulation constante de possibilités de consommer distrait le coeur, et empêche d’évaluer chaque chose et chaque moment. En revanche, le fait d’être sereinement présent à chaque réalité, aussi petite soit-elle, nous ouvre beaucoup plus de possibilités de compréhension et d’épanouissement personnel. La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité de jouir avec peu. C’est un retour à la simplicité qui nous permet de nous arrêter pour apprécier ce qui est petit…. La sobriété est libératrice. Ce n’est pas moins de vie »1.

Aux mois d’août et septembre, la liturgie nous fait regarder Notre Dame : trois fêtes mariales se succèdent. Et si Notre Dame pouvait éclairer nos discernements ?

« Voici la servante du Seigneur » : c’est la réponse de la Vierge Marie à l’appel de l’ange. Me voici. Que nous demande le Seigneur pour cette année ? Notre disponibilité. Celle-ci s’exprimera pour certains qui n’ont pas participé jusque-là à l’animation de la vie paroissiale, par l’effort d’un engagement concret. D’autres alors pourront réduire leurs activités. Il ne suffit pas, en effet, d’être généreux, il faut pouvoir tenir le coup. Saint-Vincent de Paul disait : « Le démon pousse les bonne âmes à faire beaucoup, afin que bientôt, elles ne puissent plus rien faire ». Le Seigneur demande à l’humble servante de Nazareth, son possible ; Il se réserve l’impossible.

« Qu’il me soit fait selon ta Parole ». La réponse de Marie n’est pas celle d’une résignée. Au contraire : Notre Dame dit son grand désir de participer à l’oeuvre de Dieu, à la venue du Royaume, en accueillant l’Emmanuel. Quelles que soient nos activités ecclésiales ou en famille, notre grand désir, tout au long de l’année, c’est la venue du Royaume de Dieu en notre monde qui en a tant besoin, Royaume de paix, de justice, d’amour. Et chacun peut y participer à sa mesure. Enfin, Magnificat : c’est l’action de grâce de Notre Dame, notre action de grâce en début d’année. En effet, nous recevrons davantage que tout ce que nous pourrons donner.

Bonne rentrée !

+Jean-Paul James
évêque de Nantes


1 Pape François, « Laudato si », n° 222 et 223

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