Nouvelle traduction d’une phrase du « Notre Père »

D. Rapion 5 décembre 2017 0

Notre PèreLe changement est modeste sans doute. Mais il touche la prière chrétienne par excellence, « l’abrégé de tout l’Evangile », écrivait Tertullien au deuxième siècle. Saisissons-nous de ce changement pour mieux connaître la prière du « Notre Père », pour en approfondir et en goûter le sens.

Le « Notre Père », c’est la prière reçue du Christ. Elle est introduite dans l’Evangile selon Saint Luc par une phrase : « Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière » ( Lc 11, 1). Le Christ prie. Et son attitude éveille un désir chez les disciples : « Seigneur, apprends-nous à prier ». Aujourd’hui, c’est le témoignage de chrétiens qui réveille, chez des jeunes, chez des personnes éloignées de la foi, le désir de prier. A Taizé, un lycéen de Nantes me disait avoir redécouvert la prière grâce à l’assemblée des moines et jeunes présents. Qui nous a appris à prier ? Souvent, nos parents ou grands-parents. Comment nous ont-ils appris ? En priant devant nous et avec nous.

Le « Notre Père », c’est la prière des enfants. Comment Jésus, Fils Unique de Dieu, répond au désir d’apprendre à prier ? Par une méthode ? Non. Par une prière, le « Notre Père ». On n’en finit pas de discuter sur chacun des mots de la prière de Jésus. Nous n’aurons jamais fini d’en découvrir la profondeur. Et pourtant, ce n’est pas une prière d’intellectuels. C’est la prière des enfants. Nous la récitons chaque jour et plusieurs fois par jour. A l’hôpital, je l’ai dite, en donnant la main à une personne à l’agonie : pendant toute la prière, j’ai vu son visage s’illuminer d’un sourire, le sourire d’un enfant qui faisait confiance : le plus beau des commentaires ! J’accueille la prière du « Notre Père », comme une révélation du Christ Jésus : son désir, c’est de nous faire partager sa joie de Fils bien-aimé. « Quand vous priez, dites : Notre Père.. » ( Mt 6, 8 ).

Le « Notre Père », c’est la prière des frères unis les uns aux autres : ils prient leur Père commun. Dans l’Eucharistie, cette prière introduit les rites de la communion. Ensemble, nous la disons d’un même cœur. Et nous devenons toujours davantage un même corps, le Corps du Christ auquel nous communions, un Corps où tous les membres cherchent à être solidaires, dépendants les uns des autres. Dire ensemble le Notre Père, c’est grandir dans les relations si difficiles et complexes de fraternité entre nous.

Des équipes fraternelles de foi seront invitées à se rencontrer cette année autour des sept demandes du Notre Père… Un dépliant sera proposé à partir du premier dimanche de l’Avent. Ce sera une belle occasion de méditer avec la prière de Jésus, une prière filiale et fraternelle.

A quelques semaines de Noël, nous accueillons de manière nouvelle, la prière du « Notre Père ». « Ne nous laisse pas entrer en tentation », dans la tentation de désespérer de Dieu, de douter de Sa Présence aujourd’hui. Au contraire ! Prépare-nous à recevoir, qui que nous soyons, en bonne santé ou malades, jeunes ou moins jeunes, autochtones ou exilés, le don pour tous les temps et l’humanité tout entière : « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils Unique » (Jn 3, 16 ).

+Jean-Paul James
évêque de Nantes


 

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