La ronde des saints

D. Rapion 25 octobre 2017 0

Quelle image avons-nous en tête quand nous pensons à la Toussaint ?
Pour certains, c’est le cimetière : les tombes sont fleuries, les feuilles des arbres ont des teintes d’automne. C’est le temps du souvenir de nos chers défunts.
La Toussaint est associée, pour moi, à un tableau de Fra Angelico : la ronde des saints. Ils se donnent la main et dansent joyeusement. Ils sont rayonnants et pleins de vie !

La ronde des saints (Fra Angelico)Je vous invite à contempler cette ronde des saints. Elle lave nos yeux hantés par tant d’autres images : visages inquiets, abattus, désabusés des victimes des ouragans ou des guerres, visages haineux ou colériques d’adversaires politiques. Faudrait-il les oublier, tous ces visages souvent tristes ? Sûrement pas. Ce peut être la tendance : après la journal de vingt-heures, la page de publicité et les amuseurs publics ! Mais s’interroger : Que peut-on espérer ? N’y a t’il rien d’autre que le non-sens et la mort ? Contempler la ronde des saints, c’est réveiller notre mémoire chrétienne : nous sommes tous appelés à partager l’amour, la paix de Dieu. Les saints veulent nous entraîner dans leur ronde fraternelle !

Le tableau le montre : les saints se tiennent devant le Seigneur, tout près de la Source de la lumière et de la Vie. La sainteté consiste à s’approcher du Christ Jésus ou à se laisser approcher par Lui. A regarder les visages, on reconnaît des personnages aux histoires si contrastées. « Les saints de Dieu sortent de deux écoles, écrit Péguy, de l’école du juste et de l’école du pécheur. Heureusement que c’est toujours Dieu le maître d’école et qu’il n’y a aucune jalousie dans le ciel. Au contraire. Puisqu’il y a la communion des saints. Ainsi dans le ciel, il a été agréable à Dieu d’être chanté par deux chœurs, les anciens justes et les anciens pécheurs. Pour que pied à pied la justice reculât devant la miséricorde, et que la miséricorde avance, et que la miséricorde gagne. Car s’il n’y avait que la justice et si la miséricorde ne s’en mêlait pas, qui serait sauvé ? »

Il y a au premier plan de l’œuvre de Fra Angelico, deux personnages : un ange donne la paix à un frère qui arrive au paradis ; c’est une accolade joyeuse. Deux êtres sont joyeux d’avoir accueilli la lumière, la grâce, l’amour et d’ en vivre. Rappelons-nous, à la Toussaint, la part lumineuse de nous-mêmes et de tant de personnes qui nous entourent, certains engagés au service de la justice, de la fraternité, des personnes toutes simples de nos familles qui ne savent que faire pour aimer. Rappelons-nous la joie vraie à vivre les béatitudes, l’Évangile de la Toussaint, à vivre « comme il convient à des saints »( Ep 5, 3 ). Saint Vincent de Paul disait à ses compagnons : « la charité est la marque infaillible des vrais enfants de Dieu ».

Regardons-les, ces saints lumineux, joyeux, vivants. Et laissons-nous entraîner dans leur ronde fraternelle.

+Jean-Paul James
évêque de Nantes


 

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