Accueillons la Miséricorde du Seigneur

D. Rapion 24 novembre 2015 1

Misécordieux comme le PèreLe mois de Novembre s’achève dans le deuil et l’inquiétude. Les actes de barbarie commis de manière délibérée et gratuite à Paris nous bouleversent. En nous, se mélangent la compassion et la douleur pour les victimes et leurs familles, la peur et la colère aussi. Des questions surgissent sur l’état du monde, en particulier au Moyen-Orient, sur l’avenir, sur les terroristes. Notre foi est parfois ébranlée par ces drames.

Alors, l’Année Sainte de la Miséricorde est une grâce à saisir. Le thème a traversé le ministère de Saint Jean-Paul II. Il écrivait : « La miséricorde dessine l’image de mon pontificat » Pendant la dernière guerre mondiale, alors qu’il était séminariste clandestin, ouvrier d’usine, que son pays connaissait l’horreur du régime nazi, Karol wojtyla se rend souvent sur la tombe de sœur Faustine, religieuse polonaise, apôtre de la miséricorde divine. Quelques années après, il est évêque du diocèse où se trouvent les camps d’Auschwitz et Birkenau, là où se sont accomplis le mépris et la haine contre la dignité de l’homme. Il se réunit avec le peuple polonais, autour de l’icône du Christ ressuscité : c’est là qu’il puise sa force de résistance à un autre mal idéologique dont est alors victime le pays. Jean-Paul II mesure à quel point l’homme a besoin de salut, de libération. La miséricorde divine qu’il va prêcher en paroles et en actes c’est la « force de la vérité et de l’amour qui s’oppose au mal et cherche à le vaincre par le bien ».

Juste après son élection, le Pape François appuie ce que soulignait Jean-Paul II : « Ressentir de la miséricorde, ce mot change tout. C’est le mieux que nous pouvons ressentir: cela change le monde. Un peu de miséricorde fait en sorte que le monde soit moins froid et plus juste. Nous avons besoin de comprendre bien cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui est tellement patient ».

En effet, qu’est-ce que la miséricorde ? Certains trouvent le mot désuet, d’autres considèrent qu’en parler trop est une manière de relativiser tout ou d’excuser facilement ceux qui commettent le mal. D’autres encore voient un thème doucereux et mièvre. Il est urgent alors de nous laisser saisir par la miséricorde divine, pour qu’elle imprègne notre intelligence, notre cœur, nos actes, aujourd’hui.

L’Evangile de cette nouvelle année liturgique, est celui selon Saint Luc. Pourquoi ne pas le lire et le méditer, avec les questions qui nous habitent sur la miséricorde ?

Pendant cette année sainte, est proposé un pèlerinage à la cathédrale de Nantes. Dans la cathédrale, chacun peut faire un parcours, au terme duquel une question lui est posée : à quel acte de miséricorde tu m’invites, Seigneur, cette année ? J’encourage à faire ce pèlerinage en groupes : en famille, en paroisse, en école, en mouvement. Car l’enjeu de la miséricorde, ce sont aussi nos relations, l’attachement ou pas que nous avons les uns pour les autres, les blessures entre nous et la place du pardon dans nos vies.

La Bible nous révèle un Dieu bouleversé par nos épreuves, et notre condition de pécheur. Jésus nous appelle à nous jeter dans les bras du Père, à nous réconcilier avec Lui et entre nous. Le sacrement de réconciliation nous est proposé : célébrons-le.

Bonne Année Sainte

 

+Jean-Paul James
évêque de Nantes

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Un commentaire »

  1. Bourreau 25 novembre 2015 at 22 h 27 min - Reply

    Monseigneur,
    Très bonne idée de marcher en pèlerinage de chez soi à la Cathédrale, seul, en couple, en équipe …
    C’est à notre portée, ce n’est pas grand chose, nous le ferons.
    Respectueusement.
    Jean Bourreau.

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