Présentation

L’épiscopat du XVe siècle appartient à de grandes familles au service du duc. Le plus célèbre, Jean de Malestroit, évêque de 1419 à 1443, entreprend la construction d’une nouvelle cathédrale.

Jean de Malestroit, outre son rôle épiscopal (il fut d'abord évêque de St Brieuc, puis de Nantes), fut également élevé à la dignité de Chancelier de Bretagne, et représentait donc pour Jean V une sorte de Premier Ministre doublé d'un ambassadeur.

Le cumul  des bénéfices, l’absence de leurs titulaires, les abus qui se manifestent dans un clergé trop nombreux pour être fervent, tout cela favorise l’implantation du protestantisme. Il touche de grandes familles comme les Rohan, mais les idées nouvelles atteignent tous les milieux. Cependant, il y a des forces de résistance qui prennent forme au moment dela Liguedirigée par le Duc de Mercœur, auquel s’opposeront le maire Harrouys, et l’évêque Philippe du Bec. Les troubles se poursuivent jusqu’en 1598, date à laquelle Henri IV vient en personne signer à Nantes l’Edit qui met fin aux guerres de religion.

Le Grand Siècle

Voici maintenant le “grand siècle”, le siècle de la réforme catholique menée au départ par l’évêque Philippe Cospéan (1622-1635) (auquel succédera la trilogie familiale des deux de Beauvau et dela Baume LeBlanc (1635-1717). Bérulle étend son influence jusqu’à Nantes). L’Oratoire, le Carmel, les Ursulines, les Visitandines, les Calvairiennes fondent des couvents. Les Capucins, les Récollets et les Jésuites sont présents. Le Séminaire est confié aux Sulpiciens en  1648. La piété populaire se manifeste à travers confréries et pèlerinages. Les missions se développent auxquelles participent les divers ordres religieux. On publie un catéchisme  dû àla Noë Ménard.Le grand missionnaire est Saint Louis-Marie de Montfort (1673-1716) fondateur d’une compagnie de prêtres et de frères et de la communauté des Filles dela Sagesse. Rapprocherles deux noms deLa Noë-Ménardet de Grignon de Montfort, c’est évoquer la querelle janséniste qui va empoisonner la vie religieuse. Parmi les évêques nantais du XVIIIe siècle, Monseigneur de Frétat de Sarra (1775-1783) contribue à assainir le diocèse grâce à une présence active et à une grande dignité de vie. A la veille dela Révolution, le diocèse présente une  grande vitalité.

Révolution et après…

Les “cahiers de doléances” portent la trace de besoin de réformes dans ­l’Église où le système bénéficial est critiqué. Lorsque le serment àla Constitutioncivile du Clergé est imposé aux prêtres en 1790, on compte 16 à  18% d’”assermentés”. Il faut remplacer les “réfractaires”. L’évêque élu, Julien Minée, est incapable de gérer la situation aggravée par “levée de 300 000 hommes”. Le nord du département est agité par la chouannerie, le sud se rallie au mouvement vendéen.La Terreurfait de nombreuses victimes parmi les prêtres, les religieuses, les fidèles. Les noyades de Nantes ordonnées par Carrier sont dans toutes les mémoires.

Un diocèse – un département

La paix concordataire, entre Napoléon Bonaparte et le Pape Pie VII, réorganise l’Église de France. Le diocèse de Nantes correspond désormais au département. L’évêque, Jean-Baptiste Duvoisin, travaille à faire revivre l’institution ecclésiastique en particulier en ouvrant un Séminaire. Ses successeurs, Mgr de Guérines et Mgr de Hercé, vont continuer son œuvre. C’est le début des fondations religieuses au service des enfants et des malades. Les moines reviennent à l’Abbaye de Melleray. La Révolution de 1848 laisse peu de traces.

En 1849, est nommé à Nantes Mgr Jaquemet. Durant vingt ans, il va ­gouverner le diocèse aidé du vicaire général  François Richard, le futur cardinal archevêque de Paris : construction d’églises, création de collèges, organisation de patronages. Mgr Jaquemet meurt en 1869. Son successeur, Mgr Fournier, ne reste que six ans sur le siège épiscopal. Mgr Le Coq, évêque de 1877 à 1892, est le premier à affronter les difficultés que créent les “lois laïques”. Sous l’épiscopat de Mgr Rouard (1896-1914), le diocèse connaît les incidents consécutifs à la séparation de l’Église et de l’État. Il continue d’être missionnaire : les vocations ne manquent ni dans les Séminaires, ni dans les Congrégations  religieuses. Monsieur Rouard meurt au  moment où s’aggravent les événements internationaux.

Mgr Le Fer de la Motte (1914-1935) est nommé quand éclate la guerre. Premier évêque désigné directement par Rome, il soutient courageusement son peuple et garde en particulier un contact étroit avec les prêtres mobilisés. Il laisse le souvenir de son œuvre scolaire (mais supporte mal la crise de l’Action Française). Il est remplacé par Mgr Villepelet, qui, durant trente ans, (1936-1966) va continuer l’œuvre de son prédécesseur. Il soutient l’Action Catholique, fonde des paroisses nouvelles, communie aux souffrances des Nantais au cours de la seconde guerre mondiale, il démissionne au moment où  va éclater la crise de 1968, que subira de plein fouet son successeur, Mgr Vial  (1966-1982). Mgr Marcus lui succède en 1982, jusqu’à sa nomination à l’Archevêché de Toulouse en 1996. Le 2 novembre 1996, Mgr Georges Soubrier devient le 105e évêque de Nantes.  Le 1er octobre 2009, Mgr Jean-Paul James, devient le 106e évêque de Nantes.

                Père Jean Guehénneuc

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