14 octobre 2012 : Le défi de la fraternité – retour sur Festi Frat

D Rapion 24 octobre 2012 0

Dimanche 14 octobre 2012, dans le diocèse de Nantes, l’évènement Festi Frat 44, marquait « l’aboutissement d’une année de préparation » avec des personnes de toutes nationalités qui ont partagé leur foi autour de la Parole de Dieu,  leur culture et traditions. Ces temps de rencontre ont permis aux uns et aux autres de se découvrir, de s’apprécier jusqu’à avoir envie de continuer à préparer et vivre des choses ensemble.

Des chanteurs, des musiciens, d’origines diverses, ont choisi, ensemble, des chants de différentes langues et, ont passé du temps à les apprendre, «  dans la joie, la sérénité, et une réelle disponibilité ». Des Malgaches, Portugais, Français, Africains ont participé à la procession d’offrandes de rite vietnamien. Au cours du repas partagé, « tous les peuples ont été très généreux : il y a eu abondance et diversité de plats venus du monde entier ». « J’ai été touchée par tous ces gens rassemblés qui se souriaient, qui se parlaient comme si nous nous connaissions depuis longtemps. »

« Les animations nous ont fait découvrir des croyances, des superstitions, des coutumes  qui peuvent provoquer de l’incompréhension, du mépris, voire de la peur si on refuse de s’ouvrir à l’autre, différent de nous. Cette connaissance de l’autre  nous amènera à être plus ouvert et plus tolérant dans notre vie quotidienne. »

Festi Frat Festi Frat 44 donne déjà quelques « fruits » : à la fin de la fête, un participant a visité un couple de réfugiés qu’il est ensuite venu « confier » à la paroisse sur laquelle ils habitent. Des paroissiens ont commencé à repérer quelques personnes migrantes afin de les inviter à la préparation de la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié du 13 janvier prochain. Toutes ces personnes rassemblées, à l’invitation des « catholiques d’ici et venus d’ailleurs », ont témoigné que la fraternité n’est pas une utopie : avec le Christ, nous pouvons vivre en frères, unis dans la diversité et la richesse de nos origines.

                                                            Catherine Gaschignard, Pastorale des Migrants
 Père Emmanuel Fortineau, Coopération Missionnair

La journée fut marquée également par la célébration eucharistique présidée par Monseigneur Jean-Paul James. Une célébration chaleureuse et colorée qui nous rappelé les Actes des Apôtres : Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » (Actes 2, 42) .

Extrait de l’homélie de Mgr Jean-Paul James

Nous venons des cinq continents, et ce matin, nous sommes réunis dans la cathédrale de Nantes. C’est une fête, festifrat, un festival de la fraternité. Autour de nous, certains pourtant s’interrogent : la fraternité est-elle possible  aujourd’hui ? Nous le savons bien : la fraternité n’est pas l’amitié. On choisit ses amis. On reçoit ses frères et sœurs, on ne les choisit pas. Ils nous sont donnés. Or, dans notre pays, cette fraternité est-elle possible quand on privilégie l’individu : il faut s’épanouir, nous dit-on, se faire plaisir, se faire du bien. Dans le domaine économique, disent les autres, c’est la guerre, c’est la loi du plus fort. Et puis les jeunes, eux,  développent les réseaux : facebook, tweeter, les invitent à avoir des amis, choisis en fonction de sa sensibilité, de ses intérêts. Mais le frère, la soeur qui est à notre porte, notre voisin de quartier ? Quelle place ?  Catholiques de toutes cultures, nous avons une mission urgente : nous avons à partager une Bonne Nouvelle ; elle nous est rappelée dans les textes de cette messe : Ta Parole est Source de la Fraternité.  A ta suite, Seigneur, nous voulons aimer nos frères. […]

Oui, c’est vrai : la fraternité est un défi aujourd’hui, alors que les frontières se ferment, que le populisme a le vent en poupe, que la solitude est déclarée grande cause nationale. La fraternité est plus urgente que jamais. Je n’oublie pas la parole de Benoit XVI aux jeunes à Paris : «  contribuez à faire tomber les barrières de la peur de l’autre, de l’étranger, de celui qui ne vous ressemble pas, peur qui naît souvent de l’ignorance mutuelle, du scepticisme ou de l’indifférence. Devenez attentifs à resserrer les liens avec tous les jeunes sans distinction, c’est-à-dire en n’oubliant pas ceux qui vivent dans la pauvreté ou la solitude, ceux qui souffrent du chômage, traversent la maladie ou se sentent en marge de la société. »

Alors, irréalisme tout cela ? On aurait tort de le penser ! Les saints de tous les temps, depuis St Martin jusqu’à Mère Teresa, en passant par St Vincent de Paul, Frédéric Ozanam et tant d’autres, nous disent qu’elle est possible, et qu’elle apporte la joie.   Je suis résolument du côté de Martin Luther King quand il dit  :  « J’ai fait un rêve  : un jour, les hommes se rendront compte qu’ils ont été créés pour vivre en frères. Et la fraternité sera à l’ordre du jour des hommes d’affaires ; elle sera le mot d’ordre des gouvernants. »[…].

 

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