Exil… vers un monde nouveau

D. Rapion 29 janvier 2018 0

La prochaine Folle Journée, du 31 janvier au 4 février 2018, enchantera tous ceux qui souhaitent un peu d’harmonie dans notre monde et entre les hommes. René Martin, directeur artistique du CREA, un peu « chef d’orchestre » de la Folle Journée, en a donné le thème : « Vers un monde nouveau », et c’est au cœur d’un exil que des compositeurs ont espéré et fait espérer en ce monde nouveau; selon René Martin, ils ont vécu trois formes d’exil.

La Folle Journée

Certains ont connu un exil subi.

C’est très souvent à la suite d’évènements politiques tragiques que des compositeurs décident de s’exiler.
Frédéric Chopin quitte la Pologne à l’âge de 20 ans, à la suite de l’insurrection polonaise contre la domination de son pays par la Russie. Tous ses grands chefs-d’œuvre seront
créés en France.
Rachmaninov, à 44 ans, quitte la Russie… Il s’envole pour les États-Unis.
Prokofiev quitte la Russie, en 1918, pour rejoindre Stravinsky qui est en exil… Après un séjour au Japon, à San Francisco, à New-York, il décide de revenir en Europe en 1921, d’abord à Londres, puis en France où il passe 6 mois à Saint-Brévin-les-Pins.
Le compositeur hongrois, Béla Bartók, oppressé par la montée du nazisme en Europe, décide de tourner le dos à l’Europe. Hitler jette son dévolu sur les compositeurs juifs, il mènera une guerre sans merci, obligeant de nombreux artistes à s’exiler aux États-Unis.
Beaucoup de compositeurs espagnols ont aussi connu l’exil : Manuel de Falla va fuir la guerre civile et mourra en Argentine, puis Joaquin Rodrigo vivra à Paris et composera son célèbre Concerto d’Aranjuez.

Certains ont connu un exil choisi.

Anton Dvorák accepte de prendre la direction du Conservatoire de New-York, beaucoup de ses œuvres seront influencées par les negro spirituals et la musique des Indiens. Un exemple significatif est sa Symphonie “Du Nouveau Monde”.
L’exil choisi peut être très fécond, ainsi Haendel quitte sa ville de Halle en Saxe et deviendra l’un des plus grands compositeurs du royaume d’Angleterre.

Il y a une autre forme d’exil : l’exil intérieur.

Quelques grands compositeurs classiques et romantiques vont connaître cet exil douloureux qui est une forme d’enfermement : Beethoven et sa surdité, Schubert et la quête incessante du Wanderer, qui mène vers la mort, et Schumann qui s’enfermera dans sa folie, jusqu’au suicide.

René Martin a sélectionné plus de 900 œuvres pour illustrer ce thème riche en musique mais aussi en histoire. Environ 2000 artistes seront présents à la Folle Journée. Nous aurons la chance de vivre l’exil de ces grands compositeurs en n’oubliant pas les hommes, les femmes, les enfants, les jeunes qui vivent aujourd’hui en exil, exil souvent plus subi que choisi.

Père Gérard Naslin
Service diocésain Art-Culture et Foi
Article paru dans Ela n078 – janvier 2018

 

 

 

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