4 juin 2016 : Trois nouveaux diacres permanents ordonnés à la Cathédrale de Nantes

D. Rapion 5 juin 2016 0

Les trois nouveaux diacres permanentsSamedi 4 juin 2016 à 15h en la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes, Mgr Jean-Paul James a ordonné trois nouveaux diacres permanents pour le diocèse : Alain Esnault de Châteaubriant, Jacky Roland de Ancenis et Guillaume Amelin de Orvault.
Dans son homélie, Mgr Jean-Paul James a re-situé le ministère des nouveaux diacres sous le signe de la Miséricorde. En répondant à l’appel, ils se sont appuyés sur la confiance de Dieu.

Diaporama photos

(Photos © Déborah Martin & Vincent Gautier)

D’autres photos en ligne proposées par Benoît Lys

 

Alain et Laurence Esnault de Châteaubriant

Laurence et AlainFaisons connaissance avec Alain et Laurence :
Nous avons tous les deux 50 ans et sommes nés à Châteaubriant. Nous sommes mariés depuis 25 ans et nous avons trois enfants de 15, 20 et 23 ans. Nous avons passé toute notre vie ici, mise à part une « escapade » de 3 ans à Saumur pour raisons professionnelles. Je suis agent RTE (Réseau de Transport de l’Electricité) et Laurence est secrétaire.

Quand a débuté votre chemin vers le diaconat permanent ?
C’est une question du père Fortineau, alors curé de notre paroisse, qui, pour la première fois, m’a fait réfléchir au diaconat mais c’est en 2009 qu’avec Laurence nous avons commencé l’aventure. Ces années nous ont été nécessaires, indispensables, pour y voir plus clair, pour que notre réponse soit entière.

Sur ce chemin, qu’est- ce qui vous a soutenu et qu’avez-vous découvert ?
Les week-ends de formation vécus en couple, avec d’autres cheminants, les intervenants remarquables nous ont à la fois dynamisés et rassurés. Notre groupe d’accompagnement aussi depuis trois ans. En même temps que ces rencontres de réflexion, notre vie en équipe ACO et mon engagement auprès des personnes handicapées au sein de la Pastorale des Personnes Handicapées de la paroisse, m’ont permis de tenir ma vie dans une certaine unité de foi, dans une grande confiance en Jésus-Christ.

Vous nous donnez à tous un beau témoignage, qu’attendez-vous de notre communauté paroissiale ?
Surtout que le regard des gens sur moi, sur nous ne change pas : avec Laurence nous restons nous-mêmes ! Depuis l’admission, je perçois des attentes importantes de la part de paroissiens…, notamment de certains qui se sentent un peu isolés, être attentif au plus grand nombre, un bel objectif !

Béatrice Yonger

Jacky et Annaïck d’Ancenis

Jacky et AnnaïckJacky, pouvez-vous vous présenter ?
J’ai 50 ans. Avec Annaïck, nous sommes mariés depuis 23 ans. Nous avons 2 garçons : Joffrey, 20 ans et Antoine, 18. Nous avons aussi notre entreprise. Nous sommes coiffeurs, installés depuis cinq ans, à Ancenis.

Où et comment avez-vous reçu l’appel ?
C’est au salon de coiffure qu’Annaïck a reçu le premier appel par Dominique (notre diacre à l’époque) qui lui a indiqué qu’il pensait à moi pour devenir diacre. Le second appel, il me l’a adressé directement lors d’une autre séance de coiffure en m’invitant à réfléchir au diaconat permanent. C’est alors que nous nous sommes posé trois questions : “pourquoi nous ?”, “pourquoi pas ?” et “comment cela peut-il se faire ?”.
Coiffeur et cheminant vers le diaconat, comment cela s’articule-t-il ?
Quand il a été question de reprendre le salon, nous avons fait le point sur nos engagements pour nous centrer sur le travail et nous rendre disponibles à la formation diaconale. Un an après, un changement de personnel nous a désorganisés et je me suis interrogé sur le diaconat et le temps que j’y passerai, la famille et le travail étant prioritaires. On avait même décidé d’arrêter. Puis, après réflexion, et dans la prière, nous sommes revenus sur notre décision hâtive. A la connaissance de l’admission, j’ai des clientes qui ont changé de regard sur moi, sur nous. Mais, d’une certaine façon, mon travail m’a aussi préparé au diaconat en m’habituant à servir et à être en écoute permanente : dans un salon de coiffure, les gens se confient.

Coralie Pasbecq

Guillaume et Marie-Hélène Amelin d’Orvault

Guillaume et Marie-HélèneNé en 1962, Guillaume a grandit dans la région bordelaise dans une famille pratiquante, mais non engagée. En 1986 il se marie avec Marie-Hélène. Cyril, Ariane et Marion naîtront de leur union. En 1991, Marie-Hélène est mutée à Nantes. Guillaume démissionne et trouve du travail au service informatique de la Caisse d’Epargne et de la BPA.

« Pour nous, ce fut une énorme surprise ! » : quand, en 2009, l’Équipe pastorale de Sainte-Bernadette et Saint- Léger d’Orvault leur propose de réfléchir à l’idée du ministère diaconal, Guillaume et Marie-Hélène Amelin s’étonnent : «Pourquoi nous ?». Leur paroisse les y avait pourtant accoutumés depuis longtemps à ’interpellation, : « Nous arrivions d’une paroisse lyonnaise, où l’on ne nous avait jamais rien demandé. Ici, très vite, nous avons participé à l’éveil à la foi des petits, à la préparation au baptême ». De petites tâches aussi, de marguillier, pour l’entretien de l’église…d’autres, plus « longue durée » pour Guillaume, à l’E.A.P., quand se profilait la nouvelle paroisse, ou comme animateur liturgique. « C’est vrai, on est souvent venu nous chercher : moi aussi, j’ai répondu à plusieurs demandes, j’anime des parcours dans la paroisse, j’ai accepté d’être animatrice en pastorale pour des classes de troisième et de lycée… et aussi un engagement chez les Petits frères des pauvres ! »

« Le diaconat, on connaissait : avec trois diacres sur la paroisse, la fonction nous était familière dans ses aspects de service et de liturgie… mais ne nous questionnait pas. Nous avons accepté d’engager le chemin, pleins d’interrogations sur notre profil. L’année de discernement a déplacé beaucoup de choses : Nous avons croisé des parcours différents, goûté la fraternité simple et chaleureuse entre tous, apprécié la forme du cheminement qui garantit la liberté de chacun, constaté qu’il n’y avait pas de moule, de modèle. La question est devenue: pourquoi pas moi ? » Quels ingrédients sont entrés en jeu pour aller jusqu’au bout du chemin? La liberté, signifiée par Marie-Hélène en ces termes: «Si tu dis oui, je dis oui, si tu dis non, je ne dis rien », l’habitude prise, depuis plusieurs années, de faire retraite, à deux ou seul : « La retraite faite en 2015 m’a confirmé la tendresse de Dieu et la nécessité de lâcher prise ». A joué aussi l’engagement dans le groupe de convivialité du secours catholique sur la paroisse. « Un mot fait jalon, celui de service : il me suit depuis toujours, au travail, dans une société de services, dans la famille, auprès des enfants, des parents âgés. Mon souci, c’est aussi « la maison commune », chère au Pape François : le moindre geste de consommation de nos pays riches permet-il, à l’autre bout du processus, une vie digne de ce nom ? »

« Quand on relie ces étapes, on voit que se dessine un chemin, que nous n’aurions jamais imaginé en nous mariant ». Ariane, l’un des trois enfants de la famille, avait-elle pressenti quelque chose du chemin de ses parents vers ce signe qu’est le diaconat ? À l’annonce de cette perspective, elle se souvient de la simplicité de sa réponse de jeune, mélange d’évidence et de tranquille surprise: « Déjà ? ».

Maryannick Philippot

(Article paru dans la revue ELA n°60 – mai 2016)

 

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