22 mars 2015 : Mgr Jean-Paul James inaugure la nouvelle église Saint-Vincent-de-Paul à Rezé

D. Rapion 23 mars 2015 0
Mgr Jean-Paul James et le père Bernard Ollivier

Mgr Jean-Paul James et le père Bernard Ollivier

Après la journée porte-ouverte du 21 mars qui a vu de nombreux rezéens découvrir la toute nouvelle église de l’ensemble paroissial St Vincent de Paul, les Sorinières et Pont Saint Martin, Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes, a inauguré  la dernière-née des église du diocèse : l’église Saint Vincent de Paul en y célébrant la messe ce dimanche 22 mars 2015 à 10h30.

Dans une église fervente et recueillie, Mgr James a rappelé dans son homélie que l’église est avant tout « une maison de prière, une maison de famille et la maison du partage ». C’est aussi un lieu de proximité où se « rassemblent des chrétiens qui veulent vivre dans leur quartier, dans leur profession, dans leur famille ». (Télécharger l’homélie de Mgr James)

Diaporama

(Photos © Benoît Noblet & Vincent Gautier)

Homélie de Mgr Jean-Paul James

Déjà hier après-midi, les habitants du quartier étaient nombreux, curieux de découvrir la dernière-née des églises de Loire-Atlantique, curieux et attirés. Un événement comme celui que nous vivons est rare : pourquoi construire une église paroissiale aujourd’hui ? N’y en a t’il pas assez ? Est-ce vraiment utile ? La célébration donne l’occasion de parler des églises, de leur sens : une maison de prière, une maison de famille et la maison du partage.

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Une maison de prière.

Les travaux viennent de s’achever. Beaucoup y ont contribué : les architectes, chef d’entreprise et ouvriers de tous les métiers du bâtiment, l’équipe de l’économat diocésain, de la commission diocésaine d’art sacré, l’équipe de pilotage de la paroisse et les nombreux paroissiens. Il faut évoquer leur travail ; cela fait partie de la célébration, parfois même on remet les plans de l’église. La dédicace de l’Eglise, c’est d’abord fêter le travail de l’homme capable de construire ces édifices. Dieu se réjouit de ce travail de l’homme. Je le sais : certains de ceux qui ont travaillé sur ce chantier, l’ont vécu comme un honneur. Car, ce n’est pas un chantier comme les autres ! C’est une église ! Et quel est le sens d’une église ? Que rappelle-t-elle ? Elle rappelle à tous, dans notre foi, que Dieu n’est pas dans les nuages, mais parmi nous. La forme de l’église le rappelle : « Il a planté sa tente parmi nous ». Celui auquel nous croyons, a marché sur les chemins des hommes, s’est laissé inviter par tous, y compris les plus improbables comme Zachée. Il s’est fait l’un de nous. Chrétiens baptisés, c’est ce Dieu-là auquel nous croyons. Plusieurs parmi nous, ont été baptisés dans l’ancienne église démolie, d’autres ont célébré leur mariage, d’autres ont enterré leur proche. Dans la nouvelle église, des baptêmes, des mariages, des sépultures seront célébrées. Et le Christ sera là pour les accueillir, à un moment important d’une vie. C’est le sens d’une église au cœur d’un quartier : aujourd’hui, le Christ se propose aux hommes et femmes qui vivent sur ce territoire : leur vie, leurs soucis, et leurs joies, le Christ s’y intéresse. Oui, la foi chrétienne a du sens aujourd’hui ! Quelle joie d’accueillir des gens dans une église neuve ! En voulant cette église, vous les paroissiens, vous avez fait un acte de foi. Trop souvent, on se satisfait de l’idée que la foi chrétienne est une affaire du passé, qu’elle ne concerne plus que quelques personnes âgées et qu’il faut nous résigner à mourir. Alors, si c’est le cas, inutile de construire du neuf ! En voulant cette église, cette maison de prière, cette maison de Dieu, vous témoignez de votre foi : oui l’Evangile est une Bonne Nouvelle pour nos contemporains. Il est proposé à tous les passants.

Mais encore ? Pourquoi aujourd’hui construire ainsi une église ? Et surtout, pourquoi se déplacer à l’église ? La réponse, c’est que le Christ n’est pas venu pour des individus isolés, repliés sur eux ; il est venu pour constituer un peuple, une famille, la famille des chrétiens. Nos églises paroissiales sont pour la famille de Dieu ce que la maison d’habitation est pour une famille. Quelle souffrance pour une famille d’être sans maison. On aspire à un chez soi pour sa famille ! Car nous le savons bien : où l’esprit de famille s’acquiert-il ? Sinon autour de la table familiale, dans les repas, les fêtes partagés ? Eh bien pour les chrétiens, l’esprit de famille grandit autour de la table du Seigneur, dans la maison de prière. Aujourd’hui ce n’est pas à Zachée que le Seigneur s’adresse mais à nous tous : aujourd’hui, ici, je veux demeurer chez toi, il faut que j’aille demeurer dans ta maison. Cette maison est un peu spéciale ; elle a quelque chose de plus que les maisons d’habitation du quartier : elle est plus grande, sans doute, car la famille réunie est une famille nombreuse, mais elle est élevée, tendue vers le ciel, nous forçant à lever le regard et à nous interroger : qui nous réunit, nous enfants, jeunes, personnes âgées ? Je n’oublie pas la remarque d’un maire non-chrétien dans mon diocèse : il n’y a que votre association qui réunisse des gens si différents, de cultures différentes, de couleurs de peau différentes, d’âges différents Comment c’est possible ? Qui est capable d’un exploit pareil ? Dieu et lui seul. Saint Paul le dit : Vous êtes la maison que Dieu construit, Vous êtes le temple De Dieu ! C’est la maison de famille des chrétiens.

Mais voilà : comme pour Zachée, faire partie de la famille, ça change notre style de vie ! Avoir rencontré le Christ, ça change notre relation aux autres, aux biens, et à la manière de nous servir de notre portefeuille ou de notre carte bancaire. Dit autrement : la rencontre du Christ ouvre nos coeurs au partage. Ici, c’est aussi la maison du partage. Je n’oublie pas que cette maison est sous le vocable de Saint Vincent de Paul : sur le mur d’entrée, c’est très clair. Les phrases sont explicites, phrases de l’Evangile : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ; J’avais faim vous m’avez donné à manger.. Ou encore phrase de Saint Vincent de Paul : « ceux qui font ce que Jésus enseigne bâtissent sur le roc.. Les pauvres sont nos maîtres ». Le premier prêtre de cette paroisse au début des années cinquante, le Père Yves Guyon, disait alors : « ayez encore plus d’amour pour les plus petits ». Oui, c’est le lieu de rassemblement des chrétiens qui veulent vivre dans leur quartier, dans leur profession, dans leur famille, la fraternité réelle, effective, le partage et la solidarité. Ils se savent si pauvres pour le vivre qu’ils en appellent au Seigneur dans l’Eucharistie comme nous le faisons ce matin. Oui, que cette église soit maison de prière, la maison de famille, la maison du partage.

Amen

+ Jean-Paul James
évêque de Nantes

 

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