20 octobre 2013 : Retour sur Festi Frat 44 – Fraternités sans frontières

D Rapion 21 octobre 2013 0

Festifrat 44Festi Frat 44 : des beaux visages de la diversité qui font la richesse de l’Église ! Joie fraternelle, convivialité, Foi et Espérance en cette rencontre qui a eu lieu à Saint Sébastien sur Loire pour la clôture de la semaine missionnaire en lien avec la Pastorale des Migrants.

« C’est la première fois que je vis une journée aussi intense d’amitié, de fraternité et surtout de communion. Je n’avais jamais imaginé pouvoir vivre un tel moment en France. » Sœur Marie Thérèse, religieuse sénégalaise, résume en ces quelques mots l’esprit de Festi Frat 44, vécu à St Sébastien dimanche 20 octobre dernier, à l’occasion de la clôture de la Semaine Missionnaire Mondiale.

La célébration eucharistique a réuni, autour de notre évêque, près de 700 personnes, originaires des cinq continents. Ambiance à la fois recueillie, émouvante et chaleureuse. Comme l’année passée, une chorale interculturelle s’est constituée, avec des chanteurs de tous horizons, qui ont choisi ensemble des chants de différentes langues.

Au cours du repas partagé, il y a eu abondance et diversité de plats venus du monde entier. Dans les coulisses, des personnes, toutes origines confondues ont activement contribué, dans la bonne humeur, au bon déroulement du service.

« La danse, c’est quelque chose qu’on peut partager et qui parle à tout le monde. »
Les communautés portugaise, africaine, malgache, vietnamienne, latino-américaine, nous ont invités à danser avec elles et à écouter quelques chants. Une danse bretonne à laquelle tous ont participé a clôturé cet après-midi festif.

Quelques témoignages recueillis tout au long de la journée :
« Cette fête me donne du courage, me redonne envie d’avancer dans ma vie et de partager. J’aimerais que cela continue au travail. Aujourd’hui, c’est le paradis, il commence sur terre. Je repars avec la conviction que l’on peut vivre avec des personnes différentes. » (Laurence, malgache)

« Je me suis senti revivre » confie Emile, jeune Africain, en difficulté depuis son arrivée en France.

Eric, un jeune Roumain, en situation irrégulière : « Tous les gens se parlent avec le sourire et je ne me suis pas senti rejeté. »

« Préparer en amont cette fête a permis de se connaître, de se mélanger, de chanter ensemble, cela crée des liens très forts, c’est très émouvant.
On s’aperçoit qu’on a toujours un peu peur d’aller vers les autres. Je crois que j’ai grandi en faisant confiance à des personnes qui ne fonctionnent pas comme nous. J’aimerais que ce qui s’est vécu pendant cette journée soit un signe pour le monde d’aujourd’hui et pour l’Eglise. » (Véronique, paroissienne de St Sébastien)

« Je n’avais pas envie de venir mais maintenant, j’ai envie de recommencer cette journée la semaine prochaine. J’ai élargi mon champ de connaissances : c’est la première fois que je serrais la main d’une Irakienne. Cela m’a permis de m’ouvrir, d’aller vers les gens. » (Evariste, Centrafricain)

« Il faudrait en parler autour de soi pour que l’Eglise soit plus gaie, plus ouverte, plus vivante. » Tout un programme en attendant le prochain Festi Frat 44 en octobre 2014.

 

Diaporama

(© Photos de M. AUMON et M. GAUTRON)

 Homélie de Mgr Jean Paul James

Le Fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? La question du Christ trouve un écho en nous. Ce matin, sont présents parmi nous, des frères chrétiens d’Orient qui ont dû fuir leur pays à cause de leur foi. Quel est l’avenir de la foi chrétienne en Irak, en Syrie, en Egypte ? Mais aussi  chez nous ? Devant cette indifférence massive, voire parfois d’hostilité, qu’en sera-t-il dans vingt ans ? Alors, le Christ voudrait-il nous décourager ? Serait-il un prophète de malheur ? Au contraire ! La question du Christ n’a d’autre but que de nous stimuler, nous provoquer : réveillez votre foi ! Une foi qui associe prière et action ; une foi persévérante ; une foi à proposer à tous.

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Oui, une foi qui associe prière et action. Le Christ évoque une veuve dans le besoin. Elle harcèle un juge qui se moque pas mal de la justice. Mais elle s’obstine, elle peut paraître ridicule à insister mais peu importe ; elle croit sa cause juste ; alors humblement, elle insiste. C’est une battante, comme on dirait. Sa prière est un combat, un engagement de tout son être. Car la prière et l’action vont ensemble. Le Dieu auquel nous croyons n’est pas le bouche-trou de nos paresses. C’est ce que dit la première lecture : au cours de sa marche au désert, le peuple est assailli par des ennemis redoutables. Il réagit par deux gestes : Moïse lève les mains vers le ciel ; et Josué combat. La prière et l’action ! Non pas la prière seule, mais la prière et l’engagement. Non pas l’engagement seul, mais l’engagement et la prière ! C’est notre démarche pour le Festifrat qui réunit chrétiens de la paroisse saint Sébastien et communautés issues de la migration. Les questions sur l’immigration sont considérables. Nous savons bien que nos pays ont besoin d’une politique migratoire, qu’ils ne peuvent pas tout. En même temps, à la suite du Pape François, comment resterions-nous insensibles  devant le drame de Lampedusa ? A la suite du Pape, nous crions vers Dieu, nous pleurons sur la cruauté qui est dans le monde. Lui le Seigneur veut établir son Royaume de Justice et de paix et d’amour. Ensemble, ce matin, nous prions pour que le Seigneur nous éclaire ; mais aussi nous agissons : notre présence est déjà un acte, celui de refuser le fatalisme, et de soutenir les membres de la pastorale des migrants.

Une foi persévérante. Quand St Luc écrit son Evangile, il voit des chrétiens affrontés à des épreuves ; ceux-ci trouvent  le Royaume bien long à venir. Ils sont tentés par le découragement, tentés de laisser tomber la foi.  Tout au long de l’histoire de l’Eglise, il ne manque pas de gens pour semer le doute, les maîtres du soupçon : Où est-il ton Dieu ? Il t’a bien laisser tomber ! Le Règne de Dieu ? Mais c’est un rêve ! Malgré cela,  des croyants tiennent dans la foi. Obstinément, ils prient. Comme Moïse, ils ne baissent pas les bras !  Ce sont par exemple, nos frères et sœurs chrétiens d’Afrique ou d’Amérique latine : combien de fois j’ai entendu des coopérants partis dans des pays en difficultés, revenir transformés grâce au témoignage joyeux de chrétiens : ceux-ci persévèrent. J’ai été témoin en France,  de ce que des paroisses ont retrouvé de l’élan, de la vitalité, grâce à nos frères venus de la migration. Merci à vous d’être là, amis des communautés portugaises, africaines, vietnamiennes, du moyen-Orient, malgaches, latino-américaines, indiennes et j’en oublie ! Oui l’Evangile pour tous, j’y crois ! Vous en êtes la preuve vivante. Alors, chers amis, chrétiens de souche, chers « gaulois » comme moi, pour persévérer laissons-nous évangéliser par  nos frères venus d’ailleurs. Paul VI aimait répéter : « on n’annonce l’Evangile que dans la mesure où soi-même on se laisse évangéliser ». C’est l’expérience des missionnaires partis de Loire-Atlantique dans tous les coins du monde. Ce peut être notre expérience dans nos quartiers aujourd’hui.

Et cette foi persévérante grandit quand elle se donne :  Proclame la Parole, dit Paul aux Timothée d’aujourd’hui : « Proclame la Parole.. ». Peut-être faut-il bien comprendre d’abord ce que dit Paul, pour éviter des fausses pistes : Proclame ! Paul ne dit pas : impose ! Nous ne sommes pas chargés de convertir : ça c’est l’affaire du Seigneur avec chacun ! Nous sommes chargés d’annoncer, de dire le message.  Et pourquoi le dire ? Parce que nous croyons que l’Evangile, c’est une bonne Nouvelle, c’est quelque chose de bon pour les gens et le monde d’aujourd’hui. C’est une Joyeuse Nouvelle, pour ceux qui n’en entendent que des mauvaises. Quand nous sommes porteurs d’une joyeuse nouvelle, que faisons-nous ? Quand nous apprenons le succès à un examen, une promotion dans le travail, ou jeunes quand vous découvrez un amour réciproque, qu’attend on envie de faire dans ces moments-là ? Garder cela pour nous ? Non. On téléphone, on envoie un texto, un mail, un sms : il faut le dire, partager la joie qui nous habite. C’est cela évangéliser, être missionnaire : un feu nous habite, une joie profonde ! Oui l’Evangile pour tous, j’y crois !  Proclame, dit l’apôtre.  pas seulement en paroles, mais en actes : dénonce le mal par ta vie, en oeuvrant pour le bien. Interviens à temps et à contretemps par tes engagements concrets. Dans un de ses beaux livres, « la sagesse d’un pauvre », Eloi Leclerc, franciscain,  faisait parler St François : « Evangéliser un homme, c’est quoi ? c’est lui redire  : « toi aussi, tu es aimé de Dieu dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec lui de telle façon qu’il découvre en lui qu’il y a quelque chose de plus grand et de plus noble que ce qu’il pensait.. C’est cela, lui annoncer la Bonne Nouvelle. Tu ne peux le faire qu’en lui offrant ton amitié.. »
Voilà l’enjeu de notre rassemblement ce matin : dans le mur de l’indifférence, faire des brèches. Unis aux missionnaires, originaires de Loire-Atlantique, être des bâtisseurs de ponts entre les peuples et aujourd’hui, proclamer notre joie d’être chrétiens. Oui, l’Evangile pour tous, j’y crois. Ensemble, confions au Seigneur  notre mission. Seigneur fais grandir notre foi pour que ton Règne vienne.

Amen

+ Jean-Paul James
évêque de Nantes

 

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