11 octobre 2012 – Nantes- “Le Christ, Seigneur de nos vies”

D Rapion 12 octobre 2012 0

Ce 11 octobre 2012 à Nantes, en la Cathédrale Saint Pierre et Saint Paul, comme dans la plupart des cathédrales du monde, le diocèse de Nantes s’est rassemblé autour de son évêque, Monseigneur Jean-Paul James. Une foule nombreuse rassemblée au nom du Christ pour célébrer l’ouverture de l’Année de la Foi voulue par le Pape Benoît XVI en ce jour du 11 octobre, 50e anniversaire de l’Ouverture du Concile oecuménique Vatican II ! Une célébration marquée aussi par la présence des représentants des autres confessions chrétiennes  avec le Pasteur Caroline Shrumpf de l’Eglise réformée de Loire-Atlantique, le Père Lambert de l’Eglise orthodoxe… 

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Homélie de Mgr Jean – Paul James, évêque du diocèse de Nantes

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L’année de la foi s’ouvre aujourd’hui, jour anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II. L’intention est claire : Benoit XVI l’a rappelée hier à Rome. Les textes conciliaires sont « une boussole pour notre temps » et nous sont proposés pour grandir dans la foi chrétienne. En célébrant les cinquante ans de l’ouverture du Concile, nous ne cédons pas à la nostalgie. Nous voulons trouver l’élan nouveau pour annoncer, célébrer, vivre notre foi chrétienne.

Oui, annoncer la foi chrétienne. Je me rappelle les paroles de Benoit XVI à l’occasion de notre récente visite ad limina, un Pape disant son estime pour le travail pastoral réalisé en France et désireux d’encourager la nouvelle évangélisation. Je le cite : « Les défis d’une société largement sécularisée invitent à rechercher une réponse avec courage et optimisme, en proposant avec audace et inventivité la nouveauté permanente de l’Evangile ». Proposer la nouveauté de l’Evangile, c’est ce que des milliers de baptisés ont vécu avant nous. Aujourd’hui, je veux penser à nos aînés qui ont tant donné dans ce diocèse pour annoncer l’Evangile, et mettre en œuvre Vatican II. Proposer la foi, tâche toujours actuelle, dans des contextes nouveaux. Mais quelle est cette foi ? L’Evangile proclamé il y a un instant en souligne un aspect majeur. Un petit groupe d’hommes, ils sont sept, ébranlés dans leur foi après la mort du Christ,  a du mal à se reconstituer. Jésus ressuscité les rejoint, les appelle. Le disciple bien aimé le reconnaît et dit à Pierre : C’est le Seigneur ! ». Notre foi chrétienne, c’est d”abord et surtout, une rencontre, celle du Christ ressuscité et vivant. La grâce du Concile Vatican II, c’est de nous avoir invités à nous recentrer sur le Christ Jésus, lumière des Nations. Le Mystère de la foi, ce n’est pas résoudre une énigme mais connaître une personne, Jésus  et entrer dans son intimité, en sachant qui il est : c’est le Seigneur de nos vies ! Maurice Zundel, ce mystique contemporain, l’exprimait si bien : « Nous ne trouvons l’intelligence de la foi que dans cet éclairage intérieur, dans cet éclairage d’amour qui nous met en face d’un visage, d’une personne, d’une vie, d’un cœur qui bat dans le nôtre ».  L’enjeu de l’année de la foi, c’est de repartir du Christ toujours nouveau.

Parole De Dieu

Lors du Concile, chaque matin,  dans la basilique st Pierre, avait lieu un geste liturgique très significatif : l’Evangile était solennellement intronisé et placé devant l’autel. Car, c’est le Christ qui préside. L’Eglise réunie ne peut pas exister  ni accomplir sa mission sans être confrontée à cette présence. Elle est reliée au Christ. A Vatican II, l’Eglise est présentée comme tout entière au service de la Révélation de Dieu. Elle n’a pas son but en elle-même, elle a pour unique mission de communiquer au monde, ce qu’elle reçoit du Dieu trois fois saint. Quelle joie depuis le concile, de la voir réunie lors de la messe chrismale, cette Eglise, Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l’Esprit, dans la diversité de ses charismes et de ses fonctions. Habité par l’Esprit, chaque baptisé y a sa place ; et tous les fidèles du Christ sont nécessaires au Corps, prêtres et laïcs, personnes consacrées et diacres dont on a redécouvert le ministère à Vatican II ; quelle joie de célébrer le cœur de notre foi, lors du Triduum pascal, dans une liturgie  belle, simple et priante. Ce sera d’ailleurs le sommet de l’année de la foi, dans le diocèse de Nantes ; nous serons invités à être encore plus nombreux que d’habitude à  renouveler notre profession de foi baptismale et à nous y préparer pendant le carême. Je suggère une petite démarche personnelle : se rendre dans l’église de notre baptême, et aux fonts baptismaux, relire la profession de foi, en nous rappelant notre chemin de foi.

L'enjeu de l'année de la foi, c'est de repartir du Christ toujours nouveau.

Pour que tous soient Un

Foi célébrée dans l’attente, le désir de l’unité de tous les chrétiens. Grâce à l’élan conciliaire, du chemin a été parcouru : Jean XXIII était habité par ce désir de l’unité ; son discours en témoigne. Et ses successeurs ne font que continuer et encouragent à développer cette pastorale œcuménique.  Faut-il aussi rappeler un des grands fruits du Concile, pour nous catholiques : un goût renouvelé pour la Parole de Dieu, accueillie, méditée.  Dans l’élan du concile, tant de prêtres, de consacrées, de militants, de professionnels, d’éducateurs, de parents, se nourrissent de la Parole de Dieu, et veillent à ce qu’elle soit proclamée dans nos réunions d’équipes paroissiales, d’aumôneries, de mouvements, et dans les écoles.  Si nous ne le faisons pas, nos actions seront généreuses sans doute, nous allons même défendre des valeurs, proposer une morale même évangélique, mais nous n’évangéliserons pas. Mais, si nous en sommes porteurs, nous pourrons,    « irradier le Christ », Lumière des nations.

Enfin, foi vécue. Dans sa première encyclique, Jean Paul II souligne : « le Christ est celui qui a pénétré, d’une manière unique et absolument singulière, dans  le mystère de l’homme et qui est entré dans son cœur. C’est à juste titre que le concile Vatican II enseigne : «  en vérité le mystère de l’homme ne s’éclaire que dans le mystère du Verbe incarné ». Habités par ce Christ, Lumière des nations, nous allons à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité, de « leurs joies et de leurs espoirs, leurs tristesses et leurs angoisses » ; nous souhaitons  sans cesse dans le respect des personnes, servir l’humanité ;  sans nous lasser nous voulons du bien à notre monde. C’est le grand élan de l’apostolat des laïcs,  ce grand élan missionnaire, en particulier de notre diocèse.  Vatican II, dans sa constitution sur l’Eglise dans le monde de ce temps le rappelait : « Que le monde le sache : l’Église le regarde avec une profonde compréhension, sincèrement disposée non à le dominer, mais à le servir ; non à le déprécier mais à accroître sa dignité ; non à le condamner mais à le soutenir et à le sauver ». Servir : nous ne nourrissons pas d’autre ambition.  Servir Dieu en servant les hommes. Servir les hommes parce que Dieu les a déjà servis. C’est le sens du rassemblement Diaconia 2013 que nous vivrons au cours de cette année.

 

Foi annoncée, célébrée, vécue. Au Seigneur, en ce début d’année, je veux adresser la même prière que l’apôtre Pierre : « Seigneur augmente en nous la foi ». Et reprendre aussi la prière de Newman ; l’Eglise diocésaine l’adresse au Christ, Lumière des Nations : « Seigneur Jésus, rayonne à travers moi, habite en moi, et tous ceux que je rencontrerai, pourront sentir ta présence auprès de moi. En me regardant, ils ne verront plus que toi seul Seigneur, Amen!

+ Jean – Paul James
Evêque de Nantes

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