31 mars 2016 : Retour en vidéo sur la journée de la Catéchèse au Centre des Naudières

D. Rapion 1 avril 2016 0

« 10 ans après le Texte National pour l’Orientation de la Catéchèse en France, Quels enjeux missionnaires aujourd’hui pour la catéchèse ? »

Accueil par le Père Gérard NaslinLe 31 mars dernier au Centre des Naudières, 120 personnes ont répondu à l’invitation du Service diocésain de pastorale catéchétique (SDPC) pour cette journée préparée en collaboration avec le service pastoral de la DDEC et l’AEP. A ce public venu de toutes les zones, composé de curés, de prêtres accompagnateurs, de leme, de catéchistes, de responsables d’AEP et d’APS, s’ajoutaient des responsables de services diocésains (catéchuménat, relations avec le judaïsme, pastorale des familles) et deux déléguées épiscopales pour les services du DIF et pour les mouvements et associations de fidèles. Cette journée, marquant l’anniversaire d’un texte majeur pour l’Eglise en France a permis de se replonger dans l’histoire de sa genèse et de comprendre la place essentielle qu’occupe la catéchèse dans l’évangélisation d’un monde désormais sécularisé dont les mutations profondes ne manquent pas de nous interpeler.

Par un voyage à travers les textes magistériels et l’histoire de l’Eglise depuis le 16è siècle, le professeur Joël Molinario, théologien, directeur de l’Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique à l’Institut Catholique de Paris, spécialiste de la catéchèse (1), nous a permis de mieux comprendre d’où venait le TNOCF. La catéchèse est une invention moderne a-t-il expliqué, apparue avec Luther soucieux de “donner les mots de la foi pour accompagner le vécu de la foi“, repris à son compte par le Concile de Trente. Connaissant ensuite crises et replis, la question catéchétique revient sur le devant de la scène à partir des années cinquante puis avec le Concile Vatican II qui instaure le mot “catéchèse” et restaure le catéchuménat baptismal des adultes. Dans un monde qui se sécularise, l’Eglise prend conscience de sa mission évangélisatrice et la catéchèse y occupe une place majeure. Mouvement d’évangélisation qui n’est pas terminé dont on retrouve des accents forts dans Evangelii Gaudium du pape François et dont le principal défi est d’aider l’humanité à répondre à la question : “comment vivre?”(2).

Travail de groupeFruit du DGC(3) et de la Lettre aux Catholique de France de 1996, le TNOCF est l’aboutissement du grand chantier de la catéchèse entrepris en France en 2001 qui marque le passage d’une catéchèse de l’entretien de la foi à une catéchèse de la proposition de la foi. Il donne trois fondements pour la catéchèse : la communauté chrétienne, à comprendre comme une sorte d’écosystème qui fait mûrir la foi du croyant ; l’invitation à la plongée dans le mystère pascal, à expérimenter que la liturgie nous façonne ; la pédagogie d’initiation et ses sept points, à approfondir en ne la séparant jamais des deux autres fondements. Le TONCF porte une insistance majeure : “on est initié par la Parole de Dieu et non à la Parole de Dieu”.
Indiquant quatre mutations majeures de la société “post moderne” (les mutations anthropologiques , la crise écologique, le pluralisme religieux et la culture du numérique) comme autant de défis s’offrant à l’acte catéchétique, Joël Molinario, répondant à certaines peurs, a pointé quelques lignes d’espérance :

  • la grande hétérogénéité dans nos groupes de caté n’est pas à regretter mais à envisager comme une chance. Nous sommes dans la situation normale de l’Eglise post-Pentecôte : toutes les langues et les cultures en un seul credo ;
  • nous sommes peu nombreux : certes, mais ne passons pas notre temps à regretter ce que l’Eglise était avant ; la vie de l’Eglise est un promesse et notre monde a autant droit à l’annonce de l’Evangile que le monde d’hier ;
  • nous devons nous adapter aux personnes de nos groupes : oui, mais c’est normal et c’est cela l’évangélisation : c’est proposer l’Evangile dans un contexte nouveau avec une manière nouvelle ;
  • la culture religieuse manque aux jeunes : s’il est vrai que l’on a perdu la” grammaire de l’existence”, il n’y a pas de préalable requis pour rencontrer le Christ, l’essentiel de la culture religieuse c’est la pratique de la foi, c’est-à-dire écouter la Parole, prier, partager.

Désormais le christianisme est un choix particulier dans un monde pluriel a conclu Joël Molinario. Il nous faut apprendre à nommer l’humanité de Dieu qui se dit à travers Jésus-Christ.

Temps de prièreEn conclusion de cette journée, Mgr James a exprimé ses remerciements pour la diversité rassemblée, belle image d’une Eglise de Pentecôte qui peut nous aider à affronter l’évangélisation de demain. Il a relaté comment il accueille toutes les expériences dont il est témoin, comme un fruit du travail accompli ces dix dernières années à partir du TNOCF : lettres des confirmands, évangélisateurs de leur propres camarades, parents qui demandent le baptême suite au témoignage de leurs enfants etc. Rappelant la quatrième orientation de sa lettre pastorale sur la formation et la catéchèse, il a dit combien elles sont la priorité dans le diocèse. Invitant les catéchistes à vivre des partages de foi et d’expérience dans des petites communautés fraternelles et pour certains à accepter une formation plus importante, il a précisé que le parcours de catéchèse fondamentale “En marche avec Jésus-Christ”, expérimenté depuis deux ans, sera proposé à toute leme avant de recevoir une mission. CET et DUET viendront ensuite nourrir des besoins de formation plus spécifiques.

Françoise Coquereau
responsable du SDPC


1 : Le catéchisme, une invention moderne : de Luther à Benoît XVI, Joël Molinario, Bayard (janvier 2013).
2 : JUBILÉ DES CATÉCHISTES CONFÉRENCE DE S. Em. LE CARD. JOSEPH RATZINGER SUR LE THÈME DE LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION Dimanche 10 décembre 2000
3 : Directoire Général pour la Catéchèse, Congrégation du Clergé, Rome, 1997.

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