31 janvier 2016 : Célébration de clôture de l’Année de la Vie Consacrée à la Cathédrale de Nantes

D. Rapion 1 février 2016 0

Mgr Jean-Paul JamesDimanche 31 janvier 2016 en la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes, Mgr Jean-Paul James a présidé la célébration de clôture de l’Année de la Vie Consacrée avec l’ensemble des religieux et religieuses du Diocèse.  Une délégation a effectué en début de célébration  la démarche jubilaire avec l’évêque de Nantes.


Retour en images (© photos Vincent Gautier)

Homélie de Mgr Jean-Paul James 

Nous concluons l’année de la vie consacrée. Dans son message pour cette année, le Pape François nous invitait à une triple attitude : regarder le passé avec action de grâce, vivre le présent avec passion, regarder l’avenir avec espérance. A partir des textes d’aujourd’hui, reprenons ces trois attitudes.

Regarder le passé avec action de grâce. Non pas que le passé soit plus beau ou meilleur qu’aujourd’hui. Dans la première lecture, Jérémie fait mémoire de son appel. Cet appel intervient dans un contexte difficile : guerres, déportation, violence faite au peuple élu. Les anciens parmi nous pourraient évoquer leur propre appel dans un moment difficile, par exemple,  la dernière guerre mondiale. C’est dans ce monde, magnifique et terrible à la fois, que le Seigneur vient à nous :   « Avant même de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ». Jérémie a bien conscience de n’avoir pas décidé par lui-même, c’est Dieu qui l’a choisi. Et Jérémie a trouvé ce choix de Dieu bien exigeant ! Il lui était demandé de parler, de témoigner, de vivre de la Parole de Dieu, quand autour de lui, on n’y croyait pas trop. Pendant sa mission,  Jérémie ne va pas se faire que des amis ! Ses vigoureuses remises en cause soulèvent opposition ou dérision. Or, pour cette tâche ingrate qui exige beaucoup de courage, Dieu choisit un jeune homme timide et « qui ne sait pas parler ». Mais Dieu est avec Lui. C’est de cela dont il rend grâce et nous avec lui. Nous en avons fait l’expérience :  le Seigneur ne nous a pas laissé, nous faibles et fragiles comme Jérémie. Ce qu’il a dit le jour de votre consécration, il l’a redit chaque jour : « Ils ne pourront rien contre toi. Car je suis avec toi ». Oui, nous rendons grâce pour l’appel entendu, il y a dix, vingt, cinquante ans ou plus, et pour les traces du Seigneur dans notre vie.

Puis le Pape François invite à vivre le présent avec passion. Que veut-il dire quand il sait la moyenne d’âge des personnes engagées dans des  congrégations  ou des instituts ?  Il peut y avoir en effet la tentation de la nostalgie : se laisser enfermer dans les souvenirs glorieux d’autrefois, l’épopée des premières générations engagées dans l’institut. Et c’est normal d’évoquer ces origines qui manifestent la puissance de Dieu. Mais le Pape invite à un engagement dans le présent. Cet engagement dans le présent appelle aujourd’hui la même audace pour faire face aux besoins de l’Eglise et du monde. J’aime l’audace de jeunes qui entrent dans la vie consacrée aujourd’hui. J’aime votre audace à associer les laîcs à vos charismes, parfois à ouvrir une communauté dans un quartier. J’aime entendre les initiatives que vous prenez pour évangéliser aujourd’hui : l’Evangile y appelle, cet Evangile qui souligne que Jésus n’est pas resté à Nazareth ; ilest parti à Capharnaüm et crée du neuf. Il enseigne, il guérit. Il est tellement habité par le désir de transmettre ce qui habite son coeur. Il est passionné par l’Evangile ! C’est cette passion de l’Evangile qui nous habite là où nous sommes envoyés. La vie consacrée dans un diocèse est là pour entrainer toute l’Eglise, sur le chemin de la passion amoureuse, de la passion pour l’Evangile, au milieu des gens. J’aime relire l’invitation de Petite Soeur Madeleine, fondatrice de congrégation,  liée à  Charles de Foucauld : « comme Jésus pendant sa vie humaine, fais-toi toute à tous, arabe au milieu des arabes, nomade au milieu des nomades, ouvrière au milieu des ouvriers.. mais avant tout, humaine au milieu des humains.. Comme Jésus, fais partie de cette masse humaine, par une vie tellement mêlée à tous que tu ne fasses plus qu’un avec tous ». En vivant cela, frères et sœurs consacrés,  vous nous encouragez dans nos missions de baptisés.

 Enfin, le Pape nous invite à regarder l’avenir avec espérance. Quelle espérance ? Que nos institutions ont les promesses de la vie éternelle ? Ce serait oublier que dans l’Eglise, tant de diocèses ont disparu aujourd’hui ! Je souhaite bien sûr, que nos institutions vivent le plus longtemps possible. Mais, si nous sommes invités à regarder l’avenir dans l’espérance, ce n’est pas dans l’espérance que notre marque continuera indéfiniment.  C’est dans l’espérance que l’amour de Dieu, génération après génération, suscitera les hommes et les femmes nécessaires pour que cette consécration soit vécue, perçue, et désirée.   Alors, nous offrons ce que nous avons reçu et ce que nous vivons, pour une fécondité future :  nous ne la connaissons pas mais nous savons qu’elle existera car Dieu la suscitera. En effet,  son Amour ne manquera jamais à notre monde. Frères et sœurs consacrés, l’Amour de Dieu vous brûle, et cet Amour est fécond, il donne la vie. Il redonne l’espérance pour demain. Vous êtes habités par cet Amour du Seigneur, qui vous rend proches des détresses de notre monde : dans les monastères, ils sont nombreux à venir déposer le poids de leurs épreuves. Dans les quartiers, vos appartements, il y en a qui ont besoin de se confier. Et je n’oublie pas vos engagements  près des enfants et des jeunes à éduquer, près des personnes âgées ou dépendantes au milieu desquelles vous avez décidé de vivre votre retraite, près des personnes laissées sur le bord de la route à cause des conditions sociales précaires.  La Vie Consacrée, c’est l’amour, comme dit le Pape François, l’amour qui est à l’origine de tout et qui est fidèle, l’amour qui est capable de garantir la vie au-delà de la mort.  Et, si le fait de vieillir, si le manque de vocations ne permet pas de faire ce que vous faisiez auparavant, il n’empêche pas d’être consacrés jusqu’au bout. L’âge et le petit nombre ne sont pas  des obstacles pour l’union à Dieu, pour espérer son Amour. Bien au contraire, nous savons que Dieu se plaît chez les humbles et les petits, quand ils ont consenti à être ce qu’ils sont. Alors, nous rendons grâce  pour l’immense miséricorde de Dieu qui vous a choisies, qui vous porte à aimer, et qui redonne l’espérance aux plus blessés. Pour tout cela, merci.

Télécharger l’homélie de Mgr Jean-Paul James (PDF)

 

 

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