A l’approche des échéances électorales,

D. Rapion 12 avril 2017 0

SolidaritéLes acteurs du Comité Vigilance Solidarité du diocèse souhaitent attirer l’attention des chrétiens du diocèse. Dans l’exercice de leur mission de solidarité, les valeurs évangéliques sont leur fondement. Mais ils rencontrent quotidiennement des difficultés qu’ils veulent rappeler fortement, afin que chacun puisse réfléchir à l’aune d’expériences et des réalités vécues ici dans le diocèse.

En effet, la fraternité inscrite dans la devise nationale est avant tout l’attitude du disciple du Christ… « J’avais faim, j’avais soif, j’étais un étranger, j’étais nu, malade, en prison…» (Mt 25, 35-36) Or combien de personnes sont sans logement, de très jeunes étrangers non scolarisés ? Combien de jeunes interdits de travail parce que sans papiers ?

«Pour vivre aujourd’hui ensemble et dans la confiance, chacun doit pouvoir contribuer à la société et être protégé » rappellent les membres du Secours Catholique.

Et pourtant beaucoup de préjugés sont véhiculés dans les discours, les déclarations, stigmatisant les bénéficiaires des minima sociaux… Des peurs ressurgissent devant l’étranger, l’itinérant. Des modes de vie différents provoquent le rejet et engendrent pauvreté et conflits.

C’est le cas pour les Gens du Voyage, souligne l’aumônerie qui partage leurs problèmes :

A commencer par le logement; la non-prise en compte d’un habitat adapté à leur structure familiale par les politiques du logement pousse de nombreuses familles à l’errance avec son lot de difficultés. Les exemples seraient nombreux : des femmes, des hommes, des familles se retrouvent à la rue. (Fin de la trêve hivernale avec la reprise des expulsions) Ce n’est pourtant pas une fatalité.

L’aumônerie des prisons nous partage sa crainte que la relégation loin de la ville des futurs lieux de détention n’augmente pour les familles la difficulté à maintenir des liens si indispensables pour les détenus.

Il s’agit bien de l’organisation de notre société qui est en cause… Une société fraternelle ne doit-elle pas assurer la protection des enfants, de leur famille ?

Chrétiens, nous sommes concernés directement par ces situations Osons regarder de près toutes les propositions pour faire face à ces questions collectives afin que des solutions plus humaines soient mises en œuvre pour le bien commun de tous les citoyens sans exclusive.

 

Document annexe : Extrait du discours d’ouverture de la conférence des Évêques de France, par Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF le 28 mars 2017 à Lourdes

« (…) Les exigences de la fraternité
Souvent sont rappelées de manière incantatoire les valeurs de la République, telles qu’elles sont affichées au fronton des mairies : « Liberté, égalité, fraternité ». Il s’agit d’un idéal jamais atteint et toujours en chantier. Mais on pourrait dire qu’aujourd’hui la fraternité a besoin d’être mise à la première place. Non pas la fraternité affichée comme un vague sentiment qui donne bonne conscience, mais celle qui se transforme en engagement concret en faveur des plus défavorisés, des chômeurs et aussi des migrants, des réfugiés venus en France en fuyant les conditions de vie devenues dangereuses ou misérables dans leur pays d’origine. Heureusement, au ras du terrain, cette fraternité se vit dans un tissu associatif généreux, engagé, durable, qui mérite d’être encouragé et soutenu. Nous ne pouvons pas penser notre avenir, chacun replié sur soi-même. Certains le pensent. C’est un leurre. Ceux qui viennent chez nous et sont accueillis, peuvent s’intégrer, apporter leur savoir-faire, leur dynamisme et contribuer ensuite au bien-être de tous. Notre conviction chrétienne et citoyenne nous invite à la générosité, à la recherche du bien commun, à l’ouverture, à l’accueil, à la fraternité universelle avec le sens des responsabilités qui nous incombent. Le Pape François nous invite souvent à « ce devoir de solidarité » ; ainsi récemment, le 21 février dernier devant les participants au Forum international « Migrations et Paix ».  Après avoir rappelé la nécessité d’œuvrer pour le développement des peuples afin que nul ne soit forcé de quitter son pays, il s’exprimait ainsi : « Devant les tragédies qui « marquent au fer rouge » la vie de tant de migrants et de réfugiés – guerres, persécutions, abus, violence, mort – on ne peut qu’éprouver des sentiments spontanés d’empathie et de compassion. « Où est ton frère ? » (Cf. Gn 4,9) : cette question, que Dieu pose à l’homme depuis les origines, nous implique, spécialement aujourd’hui par rapport à des frères et des sœurs qui migrent : « Ce n’est pas une question adressée à d’autres, c’est une question adressée à moi, à toi, à chacun de nous ». La solidarité naît justement de la capacité à comprendre les besoins du frère et de la sœur en difficulté et de s’en charger. C’est là, en substance, que se fonde la valeur sacrée de l’hospitalité présente dans les traditions religieuses. Pour nous, chrétiens, l’hospitalité offerte à l’étranger qui a besoin d’un refuge est offerte à Jésus-Christ lui-même, qui s’identifie avec l’étranger : « J’étais étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35). C’est un devoir de solidarité de s’opposer à la culture du rejet et de nourrir une plus grande attention envers les plus faibles, pauvres et vulnérables. C’est pourquoi un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés est nécessaire de la part de tous ; le passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation – qui, à la fin, correspond exactement à la « culture du rejet » – à une attitude qui soit basée sur la « culture de la rencontre », la seule capable de construire un monde plus juste et fraternel, un monde meilleur. »  En ce sens, comment ne pas se réjouir du protocole d’accord qui vient d’être signé entre l’Etat français, la communauté de Sant’Egidio, la Fédération protestante de France, la Fédération de l’entraide protestante, la Conférence des évêques de France et le Secours catholique, pour la mise en œuvre d’un couloir humanitaire visant l’accueil de 500 réfugiés en provenance du Liban ? (…)»

 

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