18 janvier 2019 : Conférence de Jacques Tribout sur Mgr Proano, évêque en Équateur

D. Rapion 12 janvier 2019 0

Une Église s’invente, un peuple se libère – Témoignage sur l’Equateur

Jacques TriboutJacques Tribout habite Orvault, il vient de signer un livre consacré à Mgr Léonidas Proaño, évêque en Equateur. Lors d’une conférence, le vendredi 18 janvier 2019 à 20h (salle Notre-Dame à l’église Sainte-Bernadette d’Orvault), il présentera cet homme étonnant.

Après mes études d’ingénieur X-Ponts puis quatre ans de travail à Saint-Gobain, je suis parti comme laïc en 1981 pour Riobamba en lien avec le Comité épiscopal France Amérique latine ; j’ai collaboré pendant cinq ans dans les équipes du diocèse, principalement l’équipe missionnaire itinérante. J’ai connu de près Mgr Proaño et ai assumé des fonctions de responsabilité dans le diocèse. Ce livre est mon témoignage, le témoignage d’une Église qui s’invente, et d’un peuple qui, fort de la Parole de Dieu, se libère de ses chaînes.

Les Indiens équatoriens, et plus encore ceux de la province du Chimborazo, vivent jusque que dans les années 1970 dans un état de servage. Sans accès à la terre, sans accès à l’eau, dépendant de seigneurs de la terre qui les oppressent et les humilient, leur misère est extrême.

Leonidas Proaño est nommé évêque de Riobamba en 1954. Son cœur se serre quand il voit ces êtres humains dont on nie l’humanité, et qui bien que catholiques ne se savent pas fils de Dieu. Il sait que la première des chaînes est celle que l’on a dans la tête, et comprend que leur rédemption passe par la récupération de leur dignité de fils de Dieu. Il lance une pastorale missionnaire qui rencontre un grand succès parmi les pauvres et les Indiens. Dans les années 1970 nombre d’entre eux deviennent à leurs tours missionnaires, missionnaires au sein de leur propre peuple.

Leonidas Proaño a été un père conciliaire particulièrement actif, et le concile lui a apporté la cohérence théologique qu’il recherchait pour son travail de libération des miséreux en général, et des Indiens en particulier. Il organise son diocèse en s’inspirant du Concile, mettant la priorité sur l’activité missionnaire, par la création de communautés ecclésiales de base, et par la promotion des valeurs du Règne de Dieu dans la société. Le plan pastoral repose sur des équipes de vie et de mission composées de prêtres, religieuses et laïcs. Dans les années 1970 les seigneurs de la terre commencent à accuser Mgr Proaño de communisme, et la dictature militaire l’emprisonne.

Jacques Tribout
ELA n° 89 – janvier 2019

 

 

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